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Deano Clavet a plusieurs cordes à son arc

L’ex-boxeur enseigne l’art de ce sport, travaille chez VIA Rail et poursuit sa carrière de comédien

Deano Clavet garde une place dans son cœur pour le regretté Mario Cusson.
Photo Pierre Durocher Deano Clavet garde une place dans son cœur pour le regretté Mario Cusson.

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L’entraînement d’un boxeur est reconnu pour être exigeant, et l’ex-pugiliste Deano Clavet continue de vanter les mérites de ce sport dans le cadre des ateliers de boxe récréative qu’il offre au Carrefour Multisports à Laval.

On a rencontré l’affable comédien de 56 ans la semaine dernière, alors qu’il refilait de judicieux conseils à des élèves attentifs, lui qui se fera un devoir d’assister ce soir à l’important gala de boxe présenté au Centre Bell.

«Les ateliers de boxe récréative sont offerts à des gens qui veulent se prendre en main sur le plan physique et secouer cette force intérieure qui sommeille en eux par des entraînements axés sur la technique, la vitesse, la force et l’endurance», explique Clavet.

«J’aime enseigner les rudiments de la boxe. Ce sport, surnommé le noble art, est non seulement l’outil idéal pour se mettre en forme, mais il l’est aussi pour développer un sentiment de confiance sur le plan de l’autodéfense et une meilleure estime de soi.»

S’entraîner en s’amusant

Clavet aime bien enseigner la boxe récréative au Carrefour Multisports à Laval.  Ses élèves apprécient ses conseils.
Photo Pierre Durocher
Clavet aime bien enseigner la boxe récréative au Carrefour Multisports à Laval. Ses élèves apprécient ses conseils.

Deux dames présentes lors de notre visite au gymnase, Julie Perron et Carole Arsenault, ont corroboré les dires de Clavet au sujet des bienfaits de ces ateliers, qui se déroulent dans la bonne humeur avec un professeur qui n’est jamais à court d’anecdotes savoureuses.

Sur les murs du gymnase, on peut apercevoir des photos illustrant la carrière de Clavet, qui était un grand ami de feu Mario Cusson. «Il est toujours présent dans mon cœur, précise-t-il en pointant la photo. Il était mon frère de boxe.»

En 20 combats professionnels de 1982 à 1990, Clavet a remporté 15 victoires, dont sept par K.-O. Il s’est fait connaître davantage par ses rôles au petit et au grand écran, notamment dans les séries Omertà, Scoop et Montréal P.Q., ainsi que dans des films comme L’instinct de mort (Mesrine), Hochelaga, Histoire de pen et The Whole Nine Yards.

«J’ai boxé pour me faire connaître dans le but de devenir acteur, comme l’a fait Jean-Paul Belmondo», avoue Clavet, qui a joué plusieurs rôles de dur à cuire dans des films et téléséries.


En plus d’être entraîneur de boxe et comédien, peux-tu nous parler de ta principale occupation ?

«Je travaille depuis 30 ans pour VIA Rail, soit au service à la clientèle à la Gare centrale de Montréal. J’aime bien dire que la gare est mon pain, la boxe est mon beurre et la scène est mon miel. Chez VIA Rail, je touche un peu à tout. Je suis agent de gare, guide, en plus de vérifier le droit d’embarquement. J’aime ce contact avec le public. J’ai même appris à remercier les clients dans pas moins de 148 langues. La Gare centrale, c’est un peu comme un grand théâtre. Il y a d’ailleurs plus de gens qui reconnaissent le comédien que le boxeur...»


Imites-tu encore le personnage principal des films Le Parrain ?

«Bien sûr que oui. Je continue de recevoir régulièrement des invitations pour personnifier Don Vito Corleone. Les gens adorent ça. Ça m’a permis de rencontrer un grand acteur en Al Pacino. Mon agente, Sophye Nolet, gère les demandes à ce sujet, et elles sont nombreuses. J’ai gagné plusieurs concours et on m’invite régulièrement à des mariages. Ça fait 20 ans que je personnifie le parrain de la mafia.»


Quels sont les meilleurs souvenirs de ta carrière dans le ring ?

Clavet en action lors d'un combat remporté en 1983 contre Winslow Fraser.
Photo d'archives
Clavet en action lors d'un combat remporté en 1983 contre Winslow Fraser.

«La boxe a été une école extraordinaire. Ça m’a permis de m’affirmer et ça m’a ouvert les portes vers une carrière d’acteur. Je suis fier d’avoir battu deux fois John Griffin par mise hors de combat. La rivalité était très grande entre nous. Je n’étais pas le plus grand des boxeurs, mais j’avais du courage et du cœur au ventre. À mon premier combat professionnel, le 21 septembre 1982, on m’avait remis le trophée de la révélation de l’année. On me surnommait le «King du Bronx» à Ville LaSalle. Je n’étais toutefois pas assez méchant dans le ring.»


Quel homme t’a le plus aidé à faire carrière chez les professionnels ?

«J’ai eu le meilleur professeur en la personne de Georges Drouin. Ce que j’enseigne aujourd’hui, je l’ai appris de lui. Il m’a tout montré côté technique. Nous sommes aujourd’hui quatre entraîneurs au Carrefour Multisports, dont Adrian Diaconu, un ex-champion du monde. J’aime aussi donner des ateliers de boxe dans les écoles et parler aux élèves de l’importance de poursuivre leurs études.»


Quelle a été ta plus grande déception durant ta carrière de boxeur ?

«Ce fut sans contredit cette amère défaite subie aux dépens d’Alex Hilton lors d’un combat disputé le 14 octobre 1984. Je menais aux points après 11 rounds et j’étais à quelques secondes d’être couronné champion canadien, ainsi que champion continental des Amériques de la WBC, lorsque j’ai eu le malheur de marcher sur le protecteur buccal de mon adversaire, qui traînait au centre de l’arène. Hilton l’avait craché trois fois au cours du combat et je me suis foulé la cheville en mettant le pied dessus. J’aurais dû boxer plus prudemment au 12e round puisque je menais aux points, mais j’avais une tête de cochon et je voulais me comporter en champion. Ça m’a coûté cher, cette défaite.»


Quelle est ton appréciation de la boxe professionnelle au Québec au cours des dernières années ?

«Je suis heureux de voir que le niveau de compétition est très élevé aujourd’hui, même s’il m’arrive d’être nostalgique de ces galas qui mettaient en vedette un grand nombre de boxeurs locaux. Les gradins du Forum étaient souvent remplis.»


Peux-tu nous parler de tes débuts comme comédien ?

«J’ai étudié en art dramatique à l’école secondaire Cavelier-de-LaSalle et Georges Dor a été le premier à me donner un rôle, autant au théâtre qu’à la télévision. Puis, il y a eu ce rôle de Jimmy Fontaine dans la série télévisée Scoop, écrite par Réjean Tremblay, qui m’a fait connaître. C’est d’ailleurs la seule fois que j’ai pu être couronné champion canadien (rires)...»


Quels rôles ont été les plus gratifiants pour toi ?

«J’ai adoré celui d’Angelo Bogliozzi dans la populaire série télévisée Omertà, mais je crois que mon rôle préféré fut celui de Roger André dans le film L’instinct de mort, sur la vie de Mesrine. On avait passé un mois en France pour le tournage. On avait eu droit à un traitement royal puisque les comédiens étaient logés dans un château. J’ai eu la chance de côtoyer des acteurs très connus, comme Bruce Willis dans le film The Whole Nine Yards. Le cinéma m’a permis de faire de belles rencontres. J’ai eu la chance de servir d’entraîneur de boxe pour Anthony Hopkins dans Humain Stain. Tout un acteur, cet homme!»


N’est-ce pas que le métier de comédien peut être aussi frustrant que grisant ?

«J’ai eu la chance de participer à une quarantaine de films et de séries télévisées. C’est plus tranquille depuis quelques années, mais je continue de rêver d’obtenir un rôle important dans une grosse production. Il est vrai que le métier de comédien au Québec n’est pas facile. On ne peut rien tenir pour acquis. J’aurais pu aller travailler aux États-Unis, mais j’ai toujours insisté pour rester près de mes filles, que j’adore. Mon bonheur est au Québec.»

 

Deano Clavet

Clavet a conservé une fiche de 15-5 chez les pros.
Photo courtoisie
Clavet a conservé une fiche de 15-5 chez les pros.

Âgé de 56 ans, il est originaire de Ville LaSalle, aujourd’hui un arrondissement de Montréal. Il est père de deux filles, Sophia (18 ans) et Lily Jade (16 ans). Chantal Péloquin est sa conjointe.

Emplois : employé chez VIA Rail depuis 30 ans, comédien depuis 1986, entraîneur de boxe récréative, personnificateur du Parrain.

Carrière sportive : champion des gants dorés en 1980, fiche de 15-5 avec sept victoires par K.-O. dans les rangs professionnels, soit de 1982 à 1990, il s’est battu trois fois pour le titre de champion canadien chez les poids moyens. Clavet a perdu contre Alex Hilton lors d’un combat pour le championnat continental des Amériques de la WBC en octobre 1984.

Carrière comme acteur : plusieurs rôles dans des séries télévisées (Omertà, Scoop, Montréal PQ) et dans des longs métrages (L’instinct de mort-Mesrine, Hochelaga, Histoire de pen, Monica la mitraille, The Whole Nine Yards, Snake Eyes, Black Robe).