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Onze chansons pour devenir un homme

Onze chansons pour devenir un homme
Photo Ariane Labrèche, 24 Heures

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Avec Eleven Songs, le comédien et musicien Aliocha Schneider livre un premier album aux confluents de l’Amérique et de l’Europe, voguant entre l’adolescence et l’âge adulte.

À 17 ans, Aliocha Schneider était à la croisée des chemins. Celui qu’on a pu voir dans Le Journal d’Aurélie Laflamme, Tactik et Yamaska songeait à tout lâcher afin de se consacrer à son art. «Mes parents m’ont donné leur bénédiction pour que j’arrête le cégep. Au même moment, j’ai fait la connaissance de Jean Leloup», raconte-t-il.

C’est sous l’égide du Roi Ponpon qu’Aliocha laisse sa musique prendre son envol. «Il m’a donné confiance. Il m’a prévenu qu’on essaierait de me formater et qu’il fallait que je sois ferme pour rester authentique et intègre dans ma musique», souligne le musicien.

Entre les journées passées sur les plateaux de tournage se mettent à éclore plusieurs chansons, au folk teinté de références aux songwriters américains des années 1960. «Je me sentais vraiment imposteur à l’époque et je calquais vraiment mon son sur des musiciens que j’aimais, comme Bob Dylan. Maintenant, ça va, je me sens à ma place et je sens que ma personnalité se définit un peu plus, tout comme ma musique», affirme-t-il.

The Times They are A-Changin

Aliocha a grandi au sein d’une famille au parcours artistique remarquable. Né à Paris d’un père comédien et d’une mère mannequin, le jeune artiste a grandi à Montréal entouré de ses quatre frères. Niels, le comédien qui fait un tabac en France, Volodia, comédien et batteur de renom, le jeune Vassili, photographe et acteur, ainsi que Vadim, le grand frère, décédé en 2003 lors d’un accident de la route en se rendant sur le tournage de la série canadienne 15/A.

«Vadim, c’est lui qui m’a fait faire mes premiers CD. Il chantait et jouait de la guitare sur scène et je le trouvais immense. Je voulais faire comme lui. L’accident m’a causé une souffrance qui m’a isolé et m’a fait sentir différent des autres jeunes de mon âge. C’est ce qui m’a poussé à écrire mes premières chansons», relate Aliocha avec beaucoup de douceur.

Ce dernier a d’ailleurs choisi de dédier Eleven Songs à son grand frère parti trop tôt. «Il était admirateur de Leloup, il aurait rêvé de vivre ça. En plus, Volodia est avec moi sur scène et m’a beaucoup aidé depuis le début. C’est une boucle qui se boucle de manière naturelle, tout trouve son sens», affirme-t-il.

Tout comme cet album, enrobé autant de mélodies rétro que de guitare à la sauce Leloup, clôt en beauté ces cinq années décisives. «C’est vraiment un coming of age album», souligne Aliocha avec justesse.

Entre des tournées en Europe, un futur retour sur les planches et peut-être même de nouvelles chansons, Aliocha ne compte surtout pas chômer. «Sinon, je m’emmerde», lance-t-il en souriant.


→ L’album Eleven Songs est disponible dès le 2 juin.