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5 questions à ceux qui sont attachés au PQ

5 questions à ceux qui sont attachés au PQ

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Dans mon dernier billet, j’ai traité de fédéraliste la posture du PQ pour sa prochaine campagne électorale (le PQ promet de ne pas faire l’indépendance du Québec s’il est élu pour un prochain mandat).

J’insultai beaucoup de gens attachés au PQ. Je voudrais aujourd'hui amener la discussion plus loin et leur poser quelques questions.

1. Les politiciens ne font même pas ce qu'ils ont juré de faire. Comment accorder du crédit à ceux qui disent qu’ils feront « peut-être » quelque chose « si » ils sont élus pour un deuxième mandat majoritaire? Ça commence à sonner mollasson pas mal dans un monde où les promesses les plus fermes sont jetées aux poubelles le lendemain de l’élection.

Sur facebook, des internautes péquistes nous expliquent : « Le plan de Lisée c'est, dans un premier mandat, de corriger le désastre du PLQ pour redonner confiance vis-à-vis la souveraineté. Et, ensuite, demander un autre mandat pour la réaliser. » Ok, donc l’idée générale, c’est « redresser » le Québec pour qu’ensuite un grand projet soit possible.

2. Vous êtes-vous demandé pourquoi le monde entier cherche à se « redresser »? En France, les chroniqueurs soutenaient Macron en disant qu’il proposait « la recette raisonnable pour redresser l’État français ». Trump a fait son slogan de campagne sur cette idée, redresser les États-Unis, « Make America Great Again ». Pourquoi est-ce que le monde entier est à terre? Pourquoi on n’a plus d’argent pour se soigner, pourquoi les écoles publiques sont rendues incapables de bien remplir leur office? Pourquoi la classe moyenne est en train de disparaître partout? Pourquoi partout les pauvres tombent dans le trou, pourquoi les riches se terrent de plus en plus dans leurs îles en s’entourant d’agents de sécurité?

3. Est-ce que le Québec, une province pognée avec les compétences les plus lourdes à gérer et dépourvue de celles qui font une différence à l’international, pourra tout seul se « redresser » face aux vents qui écrasent tous les États du monde? Le Brésil, les États-Unis, la France n’arrivent pas à se redresser, mais Jean-François Lisée redresserait le Québec en 4 ans?

4. Vous pensez vraiment que ça va être plus facile à réaliser que l’indépendance du Québec?

Si nous sommes à genoux, c’est qu’une classe dominante mondiale met les États en compétition les uns avec les autres, appauvrit les peuples et vit au-dessus des lois et de la morale. La seule façon de les remettre à leur place, c’est de faire équipe avec d’autres États. Et ça, quand t’es une petite province canadienne dont personne ne connaît le nom au-delà de la France et de la Belgique, tu n’y peux pas grand-chose. T’as pas de siège autonome dans les grandes institutions internationales où se décide le sort de la planète aujourd’hui, t’as pas de droit de vote, t’es juste comme une grosse gang de sans-papiers. 

5. Ceci étant dit, donnons un instant le bénéfice du doute au PQ, imaginons qu’il soit sincère dans son intention d’en arriver un jour à l’indépendance du Québec. Pourquoi, si c'est le cas, ne l’entend-on jamais répéter aux médias des choses comme :

Le Québec est plus populeux que la majorité des pays du monde. Son territoire est plus grand que 22 des 27 pays d’Europe mis ensemble. Son économie surpasse celle d’environ 90% des États du monde. Il est doté d’une des populations les plus scolarisées de la planète. Il possède des ressources naturelles, une quantité d’eau douce et un potentiel d’énergie propre qui peuvent en faire l’Arabie Saoudite de demain.

L’économie n’appartient pas au Canada, elle appartient au monde entier. L’avenir de la planète et de l’humanité ne se décide pas à Ottawa, mais dans les forums internationaux où seuls les États souverains ont droit de vote.

L’argent que nous n’enverrons plus à Ottawa, que nous ne perdrons plus dans des dédoublements de ministères, que nous ne donnerons plus en subventions à l’industrie automobile en Ontario ou aux sables bitumineux, par exemple, nous pourrions l’investir dans des technologies vertes et faire du Québec un chef de file mondial dans le domaine, nous pourrions devenir un exemple pour le monde.

Oui, nous nous sommes plantés deux fois. Mais qu'a-t-on à risquer à essayer encore? Qui a dit que se planter une troisième fois serait un désastre absolu? Il a fallu aux femmes combien de luttes, combien d’emprisonnements pour obtenir ne serait-ce que le droit de vote? Come on, on se crache dans les mains et on recommence, jusqu’à ce qu’on y arrive. C’est la persévérance et non l’extrême prudence qui fait évoluer, grandir et vivre, et nous le méritons, nous méritons de vivre et nous n’avons pas besoin d’Ottawa pour ça, on va le leur montrer, suivez-nous.