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Meurtre de ses enfants: Elle veut un nouveau procès

Elle a tué ses deux filles en mars 2009

Adèle Sorella, la femme du défunt caïd Giuseppe de Vito, a été reconnue coupable des meurtres prémédités de ses deux filles au terme de son procès il y a quatre ans.
Photo d'archives Adèle Sorella, la femme du défunt caïd Giuseppe de Vito, a été reconnue coupable des meurtres prémédités de ses deux filles au terme de son procès il y a quatre ans.

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Quatre ans après sa condamnation pour les meurtres de ses propres enfants, la femme d’un caïd aujourd’hui décédé continue de clamer son innocence en réclamant un nouveau procès.

Adèle Sorella n’a pas perdu espoir de retrouver sa liberté, même si elle a été condamnée à la prison à vie, en juin 2013. Si bien que lundi, ses avocats ont plaidé sa cause devant le plus haut tribunal de la province.

Au terme du premier procès, en 2013, la femme de 51 ans avait écopé de la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans pour les meurtres prémédités de Sabrina et Amanda de Vito, 8 et 9 ans, dans leur luxueuse résidence de Laval. Le mari de la meurtrière, Giuseppe de Vito, était alors recherché par la police pour son implication dans le crime organisé italien. Il est mort empoisonné en prison, peu après le procès.

« Oppression »

Toute cette affaire reste encore mystérieuse, puisque la cause du décès n’a jamais été établie. La thèse privilégiée est celle du meurtre par privation d’air, dans une chambre hyperbare.

Pour Me Pierre Poupart, de la défense, le jury n’aurait jamais dû visionner la vidéo de l’interrogatoire de Sorella, où elle demande «plus de 90 fois» son droit au silence. Un enquêteur la confronte même à la Une du Journal, où l’on voit des images de ses enfants.

«Ça a été fait dans un climat d’oppression, sans respect de ses droits, a-t-il plaidé. Elle a été privée de sa dignité.»

Me Ronald Prégent a ajouté que, selon lui, la juge de première instance a commis des erreurs lors de ses directives au jury, entre autres sur la notion de doute raisonnable.

Cela justifie la tenue d’un nouveau procès, a-t-il plaidé.

On apprend sans surprise que la Couronne s’y oppose.

«Il faut faire confiance à l’intelligence collective du jury», a plaidé Me Louis-Charles Bal lundi.

Et pour ce qui est de l’interrogatoire, il affirme que le but était de montrer l’état d’esprit de la meurtrière, quelques heures après la découverte macabre.

«La Couronne avait le droit d’utiliser cette preuve, et elle l’a fait à bon escient», a-t-il plaidé, ajoutant que le débat avait déjà eu lieu en première instance.

Les trois juges de la cour d’appel ont pris la décision en délibéré, sans annoncer quand ils rendront leur jugement.