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Couillard va perdre son caucus

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C’est presque du jamais vu.

Un premier ministre qui effectue une annonce aussi importante que celle de la semaine dernière par Philippe Couillard, sans même obtenir l’aval de son caucus ni de ses militants.

La démarche constitutionnelle du chef libéral a eu l’effet d’une petite bombe. Autant les journalistes que la population en général furent pris par surprise. «Un secret bien gardé», disait-on. Tellement bien gardé que même les députés libéraux avaient été tenus dans l’ignorance.

Lignes de presse

Oh, les sbires libéraux tentent bien de faire croire le contraire. Ils estiment leurs ouailles tellement dociles qu’ils souhaitent leur mettre les bons mots dans la bouche. Quitte à mentir. À preuve, ce courriel qui fut acheminé aux libéraux: «Voici la ligne concernant le sujet en objet de ce courriel. La Politique a fait l’objet d’une longue présentation détaillée au caucus...» Or, il n’en est rien.

On me dit que le ministre responsable des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, a plutôt fait une courte présentation de moins de dix minutes sur l’histoire entourant la Constitution canadienne, avec en toile de fond le 150e anniversaire de la Confédération. Il s’agissait clairement, assure-t-on, d’une séance d’informations, et non pas une séance décisionnelle. D’ailleurs, aucune question n’a été posée à la suite du petit laïus de monsieur Fournier.

Général sans armée

Philippe Couillard joue trop souvent avec le feu. Et il commence à sérieusement se brûler. Les insatisfactions du caucus libéral sont connues depuis belle lurette. Mais dans ce cas-ci, on parle carrément d’une faute grave. Initier pareille démarche en catimini relève d’un manque de jugement élémentaire. Un général sans armée n’est que peu de chose. Et à l’approche d’une guerre électorale, le chef libéral devrait s’affairer à unifier ses troupes derrière son leadership, plutôt que de cultiver les frustrations. Une fronde est si vite arrivée.