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«L’Animal» et le Mexicain basané

Joël Thériault a fait passer un ­mauvais moment à Owaldo Ortega.
photo courtoisie SIMON RENÉ, PUNCHINGGRACE Joël Thériault a fait passer un ­mauvais moment à Owaldo Ortega.

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THETFORD MINES | Une photo vaut mille mots. Avant de continuer à lire, allez regarder la photo de Joël Thériault, penché sur son adversaire, le Mexicain Owaldo Ortega, déjà arqué par-dessus les trois câbles du ring. L’arbitre tente de retenir Thériault, dit «l’Animal», mais il n’y a rien à faire. Thériault lui assène une couple de bonnes gauches.

Ce que la photo ne raconte pas, c’est la suite.

On était au centre Mario-Gosselin à Thetford Mines, vendredi soir. Pour un gala de boxe pro-am. Thériault, un ancien bagarreur du Isothermic de Thetford, dans la «célèbre» Ligue nord-américaine, était le finaliste et la vedette de la soirée.

Franchement, la soirée avait été divertissante. J’adore Thetford et son nouvel hôtel la Cache. Même si on a couché au chic Comfort Inn, tout était ben correct. On avait embauché une très jolie ring girl, la classe et le sex appeal en plus mais jusqu’à la finale, la demoiselle n’avait pas encore eu la chance de monter avec sa pancarte entre deux rounds. Tous les combats s’étaient terminés par knock-out au premier round. C’est dur pour le moral d’une ring girl.

THE BILINGUAL KLAUD BUFFER

Et puis, entre les combats, on avait eu droit à l’annonceur maison, la grande vedette Klaud Buffer, de son vrai nom Claude Genest. Mais Klaud Buffer donne un show qu’aucun autre annonceur au monde, même l’original et célèbre Michael Buffer, ne peut égaler. En fait, il ne lui arrive pas à la cheville.

Klaud porte des souliers jaunes, un tuxédo et arbore un toupet de punk qui dégarnit le reste du crâne. Quand il hurle le nom des boxeurs, dans les deux langues puisqu’on est à Thetford Mines, il leur grimpe dans la face. Je me suis dit qu’un Mexicain allait le décoiffer d’une taloche mais ça s’est bien passé. Je pense que la face de Buffer n’a pas besoin de traduction en espagnol. Les gars ont compris.

EMPÊCHER L’ÉMEUTE

Je reviens à Joël Thériault. Quand il est monté dans le ring, j’ai eu peur. Ou presque. Il portait un chandail d’arbitre avec le nom Lachapelle dans le dos. Sans doute un hommage au regretté arbitre. Il a foncé vers le Mexicain et s’est arrêté à quelques pouces de son visage en le fixant avec des yeux complètement fous. Épeurants. Je suis certain que le Mexicain s’est dit: Non, mais à quel fou que j’ai à faire. Que c’est que je fais icitte à soir?

Donc, le Mexicain a commis une grosse erreur. Il a atteint Thériault en plein sur le kisser. «L’Animal» a perdu la carte et la boule. Tout ça au premier round.

Bon, nous voilà avec un Mexicain basané qu’on couche, sanglé, sur une civière. Et une ambulance qui recule dans l’aréna. Avec 1000 personnes qui n’ont pas bu un seul Diet Pepsi de la soirée. Vous comprenez?

C’est là que j’ai compris pourquoi les régisseurs de la Régie des alcools, des courses et des jeux sont souvent des anciens policiers. Ça sentait le gros problème à plein nez. Surtout que Thériault faisait les cent pas d’un côté de l’arène, en se mettant parfois à genoux comme s’il priait. Une allumette et pouf, tout flambait.

Michel Hamelin, de la Régie, est monté dans le ring et a glissé quelques mots à Thériault. Genre, tu vas te tenir tranquille ou tu ne boxeras plus jamais au Québec. Il a repéré une rangée qui se libérait et vivement a fait accompagner Thériault au vestiaire pendant qu’on portait Ortega sur sa civière jusqu’à l’ambulance.

Sans jamais annoncer que «l’Animal» était disqualifié. Pas d’allumette, je vous dis.

UN HOMME TRANQUILLE

Avant le combat, j’avais jasé un bon moment avec Joël Thériault dans son vestiaire. Un homme concentré sur son combat avec des écouteurs sur les oreilles et un fil qui pendait. Un homme qui tente de se sortir de la violence du hockey qu’il a connue et des problèmes de consommation qui minent sa vie.

«Le hockey, c’est plus violent que la boxe. L’intensité est folle. Mais la grosse game de la violence au hockey, c’est la gestion des émotions. Au moins 80 pour cent des gars sont poqués. Ça magane bien des gars. Moi-même, je me suis retrouvé en dedans. En 2006, je me suis acheté une boîte à lunch et je me suis dit que je travaillerais honorablement .

«Je travaille encore. J’ai des up and down avec la consommation et j’arrive pas toujours à gérer mes émotions. Mais j’ai un gars de 16 ans qui est inscrit au programme sport-études. Il a choisi la boxe. Je veux qu’il puisse être fier de son père.

«Quand vous allez écrire, essayez de pas me massacrer s’il vous plaît», de demander Thériault en levant la tête.

Il m’a demandé de le laisser se préparer. Il voulait entrer dans sa bulle.

Une demi-heure plus tard, dans le ring, je voyais ce qu’il y avait dans cette bulle...

ET LE MEXICAIN...

Un Mexicain basané... allongé à l’urgence, c’est tellement québécois. Quand on l’a prévenu qu’il allait payer lui-même ses soins médicaux, il a réfléchi quelques secondes.

Trois minutes plus tard, il marchait.

Un miracle à Thetford Mines. Mais ne le dites pas au docteur Barrette...

Simon Kean à TVA Sports le 17 juin

THETFORD MINES | Me semble que ça fait longtemps que c’est arrivé la dernière fois. Mais TVA Sports va ­annoncer aujourd’hui que le réseau a conclu une entente avec Eye of the Tiger Management pour que les principaux combats de la carte du 17 juin soient télévisés en direct au réseau de télévision sportive.

Ce sont surtout les combats de Steven Butle, d’Yves Ulysse jr et de Simon Kean qui ont ­intéressé les dirigeants du réseau. Le gala sera présenté en direct de l’Olympia. Sur place, les fans auront également le plaisir de suivre sur le combat entre Sergey Kovalev et Andre Ward sur écran géant.

Camille Estephan, président d’EOTTM, a confirmé la nouvelle hier quand je lui ai posé des questions sur le sujet.

Nouvelle étonnante

C’est quand même surprenant comme nouvelle puisque TVA fait partie de Québecor et que Gestev, l’entreprise de spectacles associée à GYM et à Yvon Michel, est également une entreprise du groupe Québecor.

Selon les infos glanées ici et là, on est parfaitement conscient chez TVA et TVA Sports que le modèle d’affaires de Camille Estephan est très différent de celui d’Yvon Michel. Et que les deux hommes ont de sérieux différends.

Par exemple, Estephan a déjà financé et implanté une chaîne de télévision sur le net qui fonctionne déjà, PunchingGrace.com.

«C’est vrai mais Vidéotron a été un excellent partenaire avec EOTTM depuis les tout débuts. Et il reste de belles opportunités pour faire de bonnes affaires avec une entreprise comme Québecor. Il faut faire la promotion de nos boxeurs, les montrer aux fans et aux simples amateurs et Québecor a de grands moyens pour le faire», de conclure ­Estephan.

Chez TVA, le service des communications n’a pas ­commenté l’information.