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Tour du monde après une peine d’amour

Une Montréalaise donne, depuis 7 ans, des cours de plongée sous-marine dans différents pays

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Après une peine d’amour, une Montréalaise est partie en 2010 pour un voyage autour du monde qui devait durer un an. Elle n’est jamais revenue et vit maintenant de sa passion, la plongée sous-marine.

«J’ai réalisé que voyager, c’est dans mon ADN. Je n’avais pas vraiment de raisons de revenir. Je savais que ça allait se continuer», a expliqué Marie Poulin.

La femme de 32 ans vit présentement au Honduras. Le mois prochain, elle compte faire ses valises et s’installer au Nicaragua. Mais elle peut changer d’idée d’ici là, prévient-elle.

«Je bouge beaucoup, j’ai de la difficulté à rester sur place. Je ne fais pas de plan à long terme, parce que tous les plans que je fais ne fonctionnent pas. Et c’est une grande libération d’exclure la planification de ma vie», a-t-elle expliqué.

Malheureuse

L’idée de parcourir le monde lui est venue en 2008. Elle était alors en peine d’amour et malheureuse à son travail, comme journaliste. Pendant deux ans, elle a économisé en prévision de quitter le Québec durant une année complète.

«J’ai ramassé 25 000 $ en deux ans. Mais pour y arriver, j’ai porté la même paire de pantalons, je ne suis pas sortie, je n’ai pas mangé au resto, je n’avais pas de cellulaire», a-t-elle raconté en riant.

Elle a pris l’avion pour le Sénégal le 9 janvier 2010. Elle a ensuite visité le Mali, le Burkina Faso, Amsterdam, la Turquie. Après une année à voyager, sa vie du Québec ne lui manquait pas. Et... il lui restait 15 000 $ d’économies. Elle s’est donc rendue en Asie. Et c’est là que sa vie a pris un tournant majeur: elle a découvert la plongée sous-marine.

«J’ai dépensé tout mon argent là-dedans», a-t-elle dit.

Elle a suivi différents cours en Malaisie, en Thaïlande et au Vietnam. Puis, en Indonésie, elle est devenue maître plongeur, ce qui lui a permis de guider d’autres plongeurs certifiés. Elle est depuis instructrice et enseigne aux touristes.

«Pour moi, avoir une carrière, c’était important. J’ai décidé que ma carrière, c’était ça», a -t-elle ajouté.

«Quand j’étais journaliste, je rapportais souvent de mauvaises nouvelles. Là, mes journées sont tout le contraire. Je suis dans la nature et j’observe des requins et des tortues, a-t-elle expliqué. Aussi, je travaille avec des gens en vacances qui sont contents d’être là. Ça, ça me ramène vers le haut.»

Suivre son instinct

Elle a, depuis sept ans, visité une cinquantaine de pays. Elle découvre depuis quelques années l’Amérique du Sud. Elle y a d’ailleurs trouvé l’amour il y a un an et demi. John, un Américain, est cuisinier de formation. Pendant qu’elle donne des cours de plongée sous-marine, il vend des ceviches sur les plages.

Incertaine à savoir si elle veut des enfants plus tard, elle avoue se voir fonder une famille avec lui, tout en continuant de parcourir le monde.

Et ses proches, qui viennent souvent la visiter, la soutiennent dans son projet depuis le début. «Ma mère est très fière que j’ose. Mon père, lui, il s’inquiète pour ma retraite», a-t-elle ajouté en riant.

Pourtant, en plus d’être payée pour pratiquer sa passion, elle réussit même encore à mettre un peu d’argent de côté, assure-t-elle.

«J’arrive à vivre avec beaucoup moins qu’avant, et je suis plus heureuse», a-t-elle dit.

Elle se réjouit d’abord de ne plus avoir à passer à travers l’hiver. Selon elle, depuis qu’elle passe ses journées au soleil, sa santé s’est améliorée.

À ceux qui sont tentés d’être jaloux de sa vie elle répond: «Arrêtez de rêver et allez-y. Suivez votre instinct.»