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Affiches réclamées contre l’achat de services sexuels

Montréal devrait en faire plus pour dissuader les touristes, selon un experte

Grand Prix policier
Photo courtoisie Les policiers ont distribué des tracts l’an dernier, lors du Grand Prix, pour sensibiliser les gens à la lutte contre l’exploitation sexuelle.

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La Ville de Montréal devrait avertir les touristes dès leur arrivée que l’achat de services sexuels n’est pas toléré chez nous, insiste Maria Mourani.

«Il faudrait qu’il y ait des affiches sur les terrains de la F1 et sur les grandes rues Crescent ou Sainte-Catherine indiquant que c’est interdit. Il faut dire aux clients qu’ils sont passibles d’amendes, d’être arrêtés et de faire de la prison, ça pourrait en décourager plusieurs», propose la criminologue et ex-députée, qui lutte contre l’exploitation sexuelle.

En Suède par exemple, des campagnes sont faites dans les aéroports dès l’arrivée des touristes.

Le Journal rapportait hier qu’en publiant une banale demande d’emploi sur Kijiji pour travailler comme serveuse durant le Grand Prix, la quasi-totalité des réponses était des offres pour des services sexuels.

Pour éviter que de tels recrutements se poursuivent ainsi chaque année, des mesures doivent être prises pour freiner la demande, selon Mme Mourani.

La police de Montréal et la GRC ont d’ailleurs mentionné hier qu’ils auront à l’œil les clients qui tentent d’acheter des services sexuels, non seulement lors du Grand Prix, mais aussi durant toute la saison touristique.

Renverser le fardeau

Mme Mourani croit qu’il faudrait en faire plus et appliquer une politique de tolérance zéro pour le client.

«Si le client est impuni, c’est une roue qui continue. S’il n’y a pas de clients, il n’y a pas de proxénètes et pas de prostituées, ils sont liés entre eux», estime-t-elle.

Martine B. Côté croit aussi que plus de proxénètes seront traduits en justice, moins il y aura des femmes exploitées.

Pour ce faire, il ne faudrait que mettre en application la loi déposée par Maria Mourani qui renverse le fardeau de la preuve sur les proxénètes. Ces derniers devraient prouver qu’ils ne vivent pas de l’argent de la prostitution. Les femmes ne seraient donc plus obligées de témoigner contre eux.

À la suite de la publication du reportage, la Coalition avenir Québec a réitéré sa demande, durant la période de questions hier, de créer une commission parlementaire sur la prostitution juvénile et le proxénétisme. Le gouvernement a mentionné que c’était inutile puisque la stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles a déjà été lancée en octobre dernier.

La ministre de la Justice à Ottawa a indiqué par courriel que le projet de loi C-38, déposé plus tôt cette année, «donnerait de nouveaux outils pour enquêter et intenter des poursuites dans des affaires de traite de personnes dans lesquelles l’infraction est particulièrement difficile à établir».

-Avec la collaboration de l’Agence QMI