/sports/hockey
Navigation

Bâtir par l’arrière, ça rapporte

La philosophie de David Poile sourit aux Predators

David Poile a toujours cru que pour gagner dans la LNH, il fallait avoir une solide brigade défensive.
Photo d’archives David Poile a toujours cru que pour gagner dans la LNH, il fallait avoir une solide brigade défensive.

Coup d'oeil sur cet article

PITTSBURGH | Jeter les fondations d’une formation gagnante en réunissant d’abord une bonne brigade défensive, c’est le plan que tente, depuis des lunes, de mettre sur pied l’organisation du Canadien. En ce sens, s’il y a un modèle à suivre, c’est celui des Predators de Nashville.

Depuis le début des présentes séries éliminatoires, il est souvent question du Fab Four, ce quatuor de défenseurs exceptionnel formé de Roman Josi, Ryan Ellis, Mattias Ekholm et P.K. Subban.

Oui, David Poile a les mains pleines. Tellement, qu’il a eu le loisir au cours des cinq dernières années de se départir ou de laisser aller des défenseurs tels Ryan Suter, Seth Jones et Shea Weber. Trois athlètes qui, aujourd’hui, évoluent sur le premier duo de leur formation respective.

«On a été très chanceux. C’est remarquable d’avoir pu échanger ces trois joueurs et être en mesure de présenter encore l’une des meilleures brigades défensives de la LNH», a déclaré le directeur général des Predators.

De bons repêchages

Chanceux, est un bien grand mot. Les Predators sont la preuve que ce plan rapporte des dividendes. À condition de repêcher les bons chevaux.

«Tout le crédit va à Paul Fenton et Jeff Kealty, nos dépisteurs amateurs. Ils ont su nous fournir les outils nous permettant de faire ces grosses transactions», a indiqué Poile.

Des transactions qui, entre autres, ont permis aux Predators de mettre la main sur Ryan Johansen, un talentueux joueur de centre de 6 pieds 3 pouces et 218 livres (tiens, tiens...)

Et que dire du développement?

Mis à part Subban, acquis en retour de Weber, les trois autres défenseurs du quatuor ont tous passé au moins une saison dans la ligue américaine, avec les Admirals de Milwaukee.

«Nous croyons beaucoup au développement de nos joueurs. On essaie de faire preuve de beaucoup de patience avec eux. D’ailleurs, nous avons une philosophie qui dit : «Le chemin pour Nashville passe par Milwaukee»», a raconté l’expérimenté homme de hockey.

À ce niveau, Poile cite l’exemple de Pekka Rinne, qui a disputé 145 matchs dans la Ligue américaine avant de faire officiellement le saut avec les Predators au début de la campagne 2008-2009.

«Même nos joueurs vedettes, que ce soit Josi, Suter et Weber, ont tous passé par Milwaukee. Rinne y a passé trois ans, a indiqué l’homme de 67 ans. Si vous leur posez la question, je suis certain qu’ils vous répondront qu’ils ne seraient pas près d’être les joueurs qu’ils sont s’ils n’avaient pas fait ce détour.»

D’aussi loin que Rod Langway

L’idée de bâtir par l’arrière ne date pas d’hier dans la philosophie de David Poile. À son arrivée dans le siège du directeur général des Capitals de Washington, à l’été 1982, il avait orchestré une transaction majeure avec le Canadien.

En retour de Rick Green et de Ryan Walter, il avait mis la main sur Brian Engblom, Doug Jarvis, Craig Laughlin et, surtout, Rod Langway.

«J’avais passé une entrevue pour l’emploi quelques mois auparavant. Alors, j’avais eu deux mois pour me préparer. Je m’étais dit que si j’avais le job, c’est le premier geste que ce je poserais», a raconté Poile.

C’en fut tout un. Langway fut la pierre angulaire de la brigade des Capitals pendant 11 saisons. Il a remporté le trophée Norris à deux occasions (1983 et 1984). En 1984, il a également terminé au deuxième rang du scrutin pour le trophée Hart, derrière... Wayne Gretzky.