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La «dame aux canards» perd en appel et ira en prison

Elle avait causé la mort de deux personnes en s’arrêtant sur l’autoroute pour aider des canards

Emma Czornobaj
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin La décision rendue en 2014 concernant Emma Czornobaj ne sera pas modifiée. Elle devra faire 90 jours de prison et ne pourra conduire pendant 10 ans.

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La jeune femme qui avait causé la mort d’un motocycliste et de sa fille en voulant sauver des canards sur l’autoroute a perdu sa cause en appel, si bien qu’elle devra maintenant prendre le chemin de la prison.

«La cour rejette l’appel concernant le verdict de culpabilité [et] rejette l’appel de la peine», ont déclaré unanimement trois juges du plus haut tribunal de la province dans le dossier d’Emma Czornobaj dans un jugement de 35 pages rendu public jeudi.

C’est donc dire que dès cette fin de semaine, la femme de 28 ans, qui avait été surnommée «la dame aux canards», devra se rendre en prison pour purger sa peine de 90 jours discontinus.

L’interdiction de prendre le volant pendant 10 ans commencera également à être appliquée.

Rappelons qu’un jury avait reconnu Czornobaj coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d'André Roy, 50 ans, et de sa fille de 16 ans Jesse, le 27 juin 2010.

Insouciance

Le jour du drame, Czornobaj s’était arrêtée sur la voie rapide de l’autoroute 30 sur la Rive-Sud pour venir au secours de canetons quand un motocycliste roulant à une vitesse entre 110 et 115 km/h l’a percutée de plein fouet.

M. Roy, distrait par la jeune femme pourchassant les palmipèdes, n’avait pas pu éviter la collision.

«Quand je me suis arrêtée, il n'y avait pas de risques», avait soutenu l'accusée lors de son procès.

Le jury n’avait pas été convaincu de cette explication et l’avait déclarée coupable sur toute la ligne.

«Bien que l’appelante ait été animée par des intentions qui lui paraissaient louables, le jury pouvait conclure que la justification soulevée ne permettait pas d’exonérer son comportement», ont écrit les juges de la Cour d’appel.

Inconsolable

Car même si Czornobaj croyait sincèrement que sa manœuvre ne comportait aucun danger, le jury a établi qu’une «personne raisonnable placée dans la même situation aurait été consciente des risques associés à la conduite adoptée», ajoute le tribunal.

La femme du motocycliste et mère de la passagère, Pauline Volikakis, conduisait sa propre moto sur la bande de droite lorsque le drame est survenu. Elle avait assisté, impuissante, à la scène, et depuis, elle est inconsolable.

La femme avait eu beaucoup de difficulté à accepter qu’Emma Czornobaj n’ait jamais reconnu la dangerosité de son geste et qu’elle ne se soit jamais excusée.

L’accusée avait porté le verdict en appel, en réclamant un nouveau procès. Elle contestait également l’interdiction de conduire de 10 ans, qu’elle trouvait beaucoup trop longue.

«Bien que [cette période] apparaisse sévère, elle ne peut être qualifiée de manifestement non indiquée», ont toutefois noté les trois juges du plus haut tribunal de la province.