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Les Forces armées canadiennes auront leurs propres hackers

Le général Jonathan Vance
Photo Christopher Nardi Le général Jonathan Vance

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OTTAWA | Pour la première fois de son histoire, l’armée canadienne va créer une unité de hackers dans le but de passer à l’offensive dans la nouvelle guerre informatique qui fait rage à travers le monde.

Parmi la panoplie d’annonces présentées dans la nouvelle politique de défense nationale dévoilée mercredi, on signalait notamment la création de 300 nouveaux postes militaires dans le domaine du renseignement et la cybersécurité.

Or, la douceur des mots employés n’a rien à voir avec la vraie mission de mener la guerre pour l’armée canadienne dans le cyberespace, a indiqué le chef de l’état-major canadien, le général Jonathan Vance.

«Tu ne peux pas gagner un match de hockey avec le gardien uniquement. En étant uniquement sur la défensive en protégeant tes réseaux et sans jamais avoir de capacité offensive, tu ne gagneras jamais une bataille. Le monde virtuel est devenu un nouveau domaine où les Forces armées canadiennes doivent opérer», a illustré le général Vance en entrevue avec Le Journal.

Celui-ci a refusé de commenter la forme que prendraient des cyberattaques canadiennes ni le contexte dans lequel elles seraient utilisées. Il a tout de même tenu à préciser que ces outils ne seraient jamais utilisés contre des civils, au Canada ou ailleurs.

«Ce type d’opération est lourdement encadré par des règles d’engagement et par ma direction pour s’assurer que c’est uniquement utilisé contre des forces militaires. Il y a le potentiel d’endommager la population civile en affectant leurs services publics, par exemple. Mais ce n’est pas notre intention», a continué le général.

Invasion de la Crimée

D’ailleurs, le général Vance a avoué que c’est l’invasion par la Russie de la Crimée, principalement en 2015, qui a poussé les Forces armées canadiennes (FAC) à recommander une augmentation d’effectifs et d’avions-chasseurs pour mieux répondre à la menace russe.

En effet, la politique dévoilée mardi révélait que le Canada va plutôt se doter de 88 nouveaux avions de guerre, et non pas 65 comme il a été annoncé l’an dernier.

«L’invasion de la Crimée était un tournant, pour nous et pour le monde entier. Le choix d’acheter 65 nouveaux avions a été pris avant l’invasion de la Crimée. Depuis, nous avons réalisé qu’il fallait aussi renforcer nos forces conventionnelles et un nouveau calcul nous a mené à 88 avions», a détaillé le général.

Drones controversés

De plus, les FAC vont faire leurs premiers investissements «sérieux» dans des drones militaires. C’est une décision, admet le général, qui sera très controversée aux yeux de plusieurs Canadiens, notamment car les drones sont souvent associés à de nombreux décès de civils.

«La réalité est que ces appareils sont devenus primordiaux pour faire la guerre. Tout le monde en utilise, même Daech. Les drones nous offrent une visibilité constante sur le champ de guerre et les armes sont tellement précises que ça réduit le risque de décès civils», a défendu le chef de l’état-major.

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