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De la toge d’avocate à la robe soleil

Une procureure de la Rive-Sud a tout vendu pour aller vivre simplement sur l’île indonésienne de Bali

Maintenant qu’elle vit en Indonésie, elle fait ses courses en vélo, avec son chien Bali bien installé dans son panier.
Photo courtoisie, Nancy Delorme Maintenant qu’elle vit en Indonésie, elle fait ses courses en vélo, avec son chien Bali bien installé dans son panier.

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Après 25 ans de carrière, une avocate de la Rive-Sud, troquant toge et talons hauts pour robe soleil et sandales, est partie vivre dans une villa de Bali, où elle loue des chambres à des Québécois.

Ayant œuvré pendant 17 années comme criminaliste, puis pendant huit ans en tant que procureure de la Couronne à Longueuil, Nancy Delorme avait fait le tour du jardin.

Celle qui a dédié sa carrière au respect de la loi voulait «briser le cycle de la vie nord-américaine».

En tant que procureure de la Couronne, Me Delorme a piloté en 2012 le dossier de Bianca Rojas-Latraverse, l’ex-copine du champion de poker Jonathan Duhamel.
Photo d'archives, Chantal Poirier
En tant que procureure de la Couronne, Me Delorme a piloté en 2012 le dossier de Bianca Rojas-Latraverse, l’ex-copine du champion de poker Jonathan Duhamel.

«J’ai toujours travaillé à full pin toute ma vie. On court toujours après quelque chose, c’est essoufflant», a relaté l’avocate de 50 ans, en entrevue vidéo.

À l’été 2016, Me Delorme et son mari, Pierre Nadon, ont donc vendu maison, meubles et voitures pour aller refaire leur vie à l’autre bout du monde.

«J’ai empaqueté toute une vie dans cinq valises», illustre-t-elle.

Le couple avait eu le coup de foudre pour Bali lors de vacances sur la petite île indonésienne, six ans plus tôt.

Pourquoi pas moi?

Ils ont tellement aimé l’endroit – et surtout les habitants – qu’ils y sont retournés une seconde fois en 2014. C’est en regardant un pêcheur sur une plage que l’idée d’y vivre a germé dans la tête de Nancy Delorme.

«J’ai dit à mon chum: “Pourquoi, moi, je ne pourrais pas vivre ici?” Il m’a répondu: “Il suffit que ton rêve se transforme en projet”», se rappelle l’avocate.

Dès leur retour au Québec, ils ont mis ce projet sur papier.

Le couple est même allé faire du repérage sur place pour trouver la villa de ses rêves.

«Arrivés au bout du plan, 18 mois plus tard, on a déménagé», résume Me Delorme, dont les deux enfants, majeurs, sont restés au Québec.

Depuis un an, Nancy Delorme vit donc «à la balinaise». Cela signifie, entre autres, qu’elle doit composer avec des lézards sur les murs de sa villa à aire ouverte.

L’avocate n’a pas écouté la télé depuis 12 mois, et cela ne lui manque guère.

«Quand on choisit un peuple, on choisit aussi sa culture», souligne-t-elle.

La femme de 50 ans s’occupe en apprenant à parler indonésien chaque jour.

«Je me fais des dictées, rigole-t-elle. Je ne parle pas couramment, mais je peux comprendre 60 % des conversations.»

La Balinaise d’adoption va dans des marchés locaux pour faire ses courses. «Ça n’a rien à voir avec le marché Jean-Talon, note-t-elle. Tu marches à travers les chiens et les poules. Faire son épicerie, c’est un projet d’une demi-journée.»

Me Delorme ne se déplace qu’en vélo ou en mobylette. À Bali, le Code de la sécurité routière n’existe pas, ce qui nécessite toute une adaptation pour la juriste.

«Ils conduisent mal, s’exclame-t-elle. Ça dépasse à gauche et à droite, il n’y a pas de limite de vitesse et les gens se stationnent n’importe où.»

«Au début, je me suis dit: “Voyons, je vais mourir”, continue-t-elle. J’ai pris mon courage à deux mains. Chaque fois, c’est comme un défi. Tu fais ton signe de croix avant de partir.»

Guide improvisée

Vivre à Bali, c’est aussi vivre au rythme des nombreuses cérémonies religieuses. Bien que la Québécoise ne se soit pas convertie à l’hindouisme, elle respecte les traditions religieuses des habitants. «Ils font des cérémonies pour tout. Les gens prennent congé et la vie arrête», indique-t-elle.

Pour le moment, l’avocate ne travaille pas. Elle se contente de louer des chambres de sa villa aux touristes québécois, par l’entremise de sa page Facebook Nancy Villa Delorme. «Je m’improvise un peu guide, dit-elle. Je leur donne des conseils et je partage mon expérience.»

COMBIEN ÇA COÛTE, VIVRE À BALI ?

  • Pour environ 25 000 $ par année, on est logé, nourri et on a accès à internet, d‘après Nancy Delorme.
  • Se déplacer en vélo ou en mobylette ne coûte presque rien. L’essence se détaille à 60 cents le litre.
  • Quatre sacs d’épicerie remplis de fruits et légumes coûtent 6 ou 7 $. Le riz, le bœuf et le poulet sont très abordables.
  • Refaire sa garde-robe peut coûter une cinquantaine de dollars.

CHOSES QUI COÛTENT CHER À BALI

  • Fromage
  • Céréales
  • Vin (le double de la SAQ)
  • Visas
  • Électricité

ET POUR DES VACANCES

  • Chambre climatisée dans une villa privée, avec petit-déjeuner: environ 35 $ par nuit
  • Repas au restaurant avec une bière: entre 5 et 10 $