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Elle a tenté de le convaincre de cesser son massacre

Une proche des victimes a vécu l’horreur en voyant deux corps près de sa résidence

Julia Kumarluk et son conjoint Harry Qinuajuak ont été des témoins de cette tuerie orchestrée par Illutaak Anautak.
Photo courtoisie Julia Kumarluk et son conjoint Harry Qinuajuak ont été des témoins de cette tuerie orchestrée par Illutaak Anautak.

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Une amie des victimes de la tragédie qui a éclaté dans la petite communauté d’Akulivik samedi aurait tenté de convaincre le présumé meurtrier d’arrêter son massacre avant qu’il ne soit abattu par les policiers.

«Arrête! C’est assez! Lâche le couteau!» se serait époumonée Julia Kumarluk en direction d’Illutaak Anautak alors que deux policiers le visaient avec leurs fusils.

Julia Kumarluk, 39 ans, vit à une trentaine de mètres d’où le jeune homme de 19 ans se serait rendu après avoir poignardé cinq membres de sa famille, dont trois ont perdu la vie.

Selon elle, le suspect s’apprêtait à entrer dans la maison de sa grand-mère lorsque des agents du Corps de police régional de Kativik seraient intervenus.

En entendant Mme Kumarluk hurler, Illutaak Anautak aurait porté son arme à sa gorge, menaçant de s’enlever la vie.

Illutaak Anautak
Photo courtoisie
Illutaak Anautak

«Pendant un instant, il m’a regardée, a relaté la femme. Je lui ai répété d’arrêter. Il a regardé les policiers et leur a dit qu’il y avait un autre corps à l’intérieur de la maison, qu’il “en avait tué un autre”.»

De façon «anormalement calme», le présumé meurtrier se serait alors retourné pour monter les escaliers menant à la maison. C’est à ce moment que les policiers auraient fait feu en sa direction, à plus de 10 reprises selon la témoin.

«J’essayais de compter le nombre de balles, mais j’ai perdu le compte. Je leur criais : “Arrêtez! Ce n’est pas un animal! Tirez sa jambe ou son bras!”», a mentionné hier Julia Kumarluk avant d’éclater en sanglots au bout du téléphone.

Vision d’horreur

Mme Kumarluk venait de se réveiller samedi matin lorsque son copain lui aurait crié de venir le rejoindre dehors.

Là, une vision d’horreur l’attendait: le corps inanimé d’un homme gisait près de la route, à quelques mètres de celui d’un enfant. Selon d’autres locaux, il s’agissait de Lucassie Anautak et du neveu de ce dernier, âgé d’une dizaine d’années.

Selon elle, le garçon étendu par terre était toujours conscient, même s’il avait perdu beaucoup de sang. Son conjoint, Harry Qinuajuak, l’aurait donc emmené en voiture à l’hôpital. L’enfant y serait finalement décédé, au grand désespoir du couple, qui les connaissait bien sa famille et lui. «C’était un garçon tellement souriant, tellement adorable. Il n’aurait pas fait de mal à une mouche», a commenté Julia Kumarluk.

Intoxiqué

Lorsque Le Journal l’a jointe par téléphone hier, Mme Kumarluk se remettait difficilement de ses émotions.

À en croire Julia Kumarluk, personne à Akulivik n’est en mesure d’expliquer ce qui aurait poussé Illutaak Anautak, un «jeune homme comme tous les autres», à s’en prendre ainsi à sa famille.

«Nous avons une tonne de questions, mais aucune réponse, a-t-elle dit. Nous sommes tous sous le choc.» Mme Kumarluk est toutefois persuadée que le suspect était ivre au moment des événements.

C’est le cinquième meurtre dont la trentenaire entend parler depuis son arrivée à Alukivik, en 2014.«Je souhaiterais seulement qu’il y ait moins d’alcool ici, a-t-elle confié. Ça réglerait tellement de problèmes...»