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Tué pour l’honneur: au moins 13 ans de pénitencier pour le meurtrier

Amalan Thandapanithesigar
Photo Courtoisie Amalan Thandapanithesigar

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Un Montréalais qui a voulu sauver son honneur en tuant un voisin qu’il croyait voir tourner autour de sa femme devra purger au moins 13 ans de détention avant d’espérer une liberté conditionnelle.

«Il a placé son honneur au-dessus de tout, même de la vie humaine; cette vision est clairement incompatible avec les valeurs canadiennes», a commenté le juge Jean-François Buffoni ce mercredi avant de condamner Amalan Thandapanithesigar.

Le meurtrier de 38 ans avait commis son crime le 23 juin 2014 dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges, à Montréal. Il était arrivé au Canada 13 ans plus tôt, en tant que réfugié du Sri Lanka. Il avait par la suite obtenu sa citoyenneté canadienne.

Quelques jours avant le meurtre, Thandapanithesigar s’était convaincu que son voisin harcelait sa femme. Et juste avant le drame, il avait cru entendre sa victime le traiter de «vagin».

Brutalité extrême

Il avait alors saisi un couteau puis avait poignardé à mort son voisin, en pleine rue. Jeyrasan Manikarajah n’a eu aucune chance, d’autant plus que le meurtrier s’était ensuite défoulé sur le corps inerte au sol.

«Il s’agissait d’une attaque vicieuse extrêmement brutale, a résumé le magistrat. Après avoir tué sa victime, il a été boire une bière comme si de rien n’était. C’est dérangeant.»

Thandapanithesigar a ensuite été arrêté et est détenu depuis. Un jury l’a déclaré coupable de meurtre au deuxième degré, ce qui lui a valu une peine de prison à vie. Le juge devait déterminer combien d’années Thandapanithesigar devrait purger avant de pouvoir faire une demande de libération conditionnelle et, ce mercredi, il a fixé cette période à 13 ans.

Honneur

Mais peu importe la condamnation, la victime ne reviendra jamais à la vie, a rappelé le juge.

«[Le meurtrier] a privé une femme et ses trois enfants de grandir avec la victime, a déploré le juge. M. Thandapanithesigar a adhéré à un concept antique de vengeance et d’honneur. C’est un comportement inacceptable au Canada.»

Lors des plaidoiries sur la peine, une des filles de la victime avait livré un émouvant témoignage, rappelant toute la gentillesse de son père.

«Mon père était un homme remarquable et toujours souriant et, quand nous avons appris sa mort, c’était comme si on avait poussé notre famille dans le vide», avait-elle dit, en pleurs.

Le meurtrier avait exprimé des remords, mais le juge n’y a pas cru.

«Ça a pris de nombreuses questions de son avocate, Me Elise Pinsonnault, pour qu’il prenne la responsabilité de la mort de M. Manikarajah. Ses regrets semblent avoir été exprimés afin d’alléger sa peine», a commenté le juge.

Après le verdict de culpabilité, Me Pinsonnault avait suggéré un minimum de 10 années d’incarcération, tandis que Me Dennis Galiatsatos avait proposé 17 ans.

Comme Thandapanithesigar est détenu depuis 2014, il pourra faire une première demande de libération conditionnelle en 2027.