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Le déménagement à vélo a fait ses preuves

Le déménagement à vélo a fait ses preuves
Louis-Philippe Messier

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Chaque jour des gens étonnés les prennent en photos ou les arrêtent pour poser des questions ou demander une carte. Dans l’abstrait, l’idée de « déménageurs à vélo » semble incroyable. Pas mal tout le monde s’exclame : « Ben voyons, ça ne se peut pas ! » Un coup d’œil aux robustes remorques d’acier inoxydable de 3 pieds par 7 utilisées par les gars de Déménagement Myette suffit pour comprendre qu’au contraire, c’est tout à fait possible.

Signe que les affaires vont bien : la compagnie vient d’investir pour renouveler sa flotte d’une dizaine de remorques pour empiler cuisinière, laveuses, sécheuses, réfrigérateur, matelas, divan, etc. Ses premières remorques (de la marque Bikes at work) provenaient des États-Unis. La nouvelle génération sort d’une manufacture montréalaise. « Pour éviter de déformer la roue du vélo, les appareils ou meubles les plus lourds occupent l’arrière de la remorque près de l’essieu », m’explique Gabriel Cyr, 23 ans, qui est vélo-déménageur depuis quatre ans.

Les prix assez bas des premières années pour attirer la clientèle ont été rehaussés ou, disons, normalisés, maintenant que la réputation est établie : 70 $/heure (temps de déplacement compris) pour deux travailleurs. « Ça nous évite une certaine clientèle qui ne regardait qu’au prix et qui voulait une main-d’œuvre à rabais », me confie un des employés pendant ma visite.

Depuis 2008

Le déménagement à vélo n’est plus une nouveauté à Montréal. Ça existe depuis 2008. Certains y ont vu une mode. Or, il existe une niche, en zone urbaine, pour ce service. Si la distance à franchir est raisonnable et l’espace restreint, un vélo avec remorque, c’est commode. Ça se faufile.

Sur une rue étroite et bondée d’autos, par exemple sur le Plateau, c’est un soulagement de ne pas se préoccuper de réserver un espace pour le gros camion avec des moyens de fortune : chaises, rubans, cônes orange, etc.

Mieux que le CrossFit

Le vélo-déménagement, pour ceux qui le pratiquent, s’avère un sport complet : « Ça fait quatre ans que je ne m’entraîne pas en dehors du travail », dit Gabriel Cyr. Un de ses collègues, Philippe-Étienne, un colosse de 6,4’’ est un professeur d’éducation physique de semaine, et déménageur la fin de semaine et pendant le congé scolaire.

En tout cas, ces gars-là travaillent fort en maudit ! Pendant la frénésie du trimballage de meubles dans la métropole du déménagement, j’ai une pensée pour eux. Je leur souhaite du beau temps pas trop chaud et des clients sachant vivre qui offrent la pizza.