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Un réfugié vietnamien rejoue sa propre histoire à l’écran

Il interprète un homme qui quitte son pays à bord d’un bateau de fortune

Ba Luan
Photo courtoisie Sur cette image tirée de la Minute du patrimoine : Les réfugiés de la mer, on voit le Montréalais Ba Luan ( le père de famille debout ) interpréter un personnage ayant vécu une histoire semblable à la sienne lorsqu’il a quitté le Vietnam à bord d’un bateau.

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Le Montréalais Ba Luan a revisité des émotions enfouies depuis longtemps en tenant la vedette d’une nouvelle Minute du patrimoine du Canada consacrée aux boat-people.

Dans ce court métrage à grand déploiement revisitant un pan de notre histoire, ce réfugié vietnamien joue un père de famille qui, comme des centaines de milliers d’autres personnes désespérées originaires d’Asie du Sud-Est, a pris le large pour fuir le gouvernement communiste après la guerre du Vietnam.

Ba Luan a lui-même déserté son pays par bateau, arrivant au Québec au début des années 1980, alors qu’il n’était qu’un enfant.

Par hasard

Il s’agissait d’une première expérience de tournage pour cet entrepreneur de 43 ans, propriétaire d’un restaurant de sushis du Plateau-Mont-Royal. Tombé dans l’œil des responsables du casting alors qu’il accompagnait sa fille aux auditions, Ba Luan a accepté de relever le défi parce qu’il avait déjà traversé cette épreuve.

En entrevue au Journal, il raconte comment il a quitté le Vietnam à 8 ans en pleine nuit, avec sa mère, sa grande sœur et son frère. «Après 24 heures, le moteur s’est brisé, souligne le miraculé. On a dérivé durant 12 à 13 jours dans l’océan. Un bateau de pêcheurs finlandais nous a trouvés et — en échange de tout ce qu’on avait — nous a remorqués jusqu’à un camp de réfugiés en Malaisie. C’était atroce. On avait droit à une capsule d’eau par jour. On a affronté plusieurs tempêtes, des vagues de douze mètres de haut...»

Après une escale forcée d’un an à Kuala Lumpur, Ba Luan et ses proches ont atterri au Canada 22 mois après avoir quitté le Vietnam. Il a suivi des cours de français pendant près d’un an avant de faire son entrée à l’école.

«J’étais content de tourner cette vidéo, souligne Ba Luan. J’ai vécu la même chose, donc je pouvais donner des émotions réelles.»

Actualité

Réalisée par François Gingras (derrière Trauma) et produite par Aetios et Historica Canada grâce au financement de Patrimoine du Canada, cette 87e Minute fait surface alors qu’on parle beaucoup du sort d’une nouvelle vague de migrants, les Syriens.

«Les Canadiens ont ouvert leur cœur à des gens qui étaient en détresse, des gens qui ont quitté leurs pays dans des conditions dangereuses, rappelle Davida Aronovitch chez Historica. Ces réfugiés ont fait de notre pays un endroit meilleur. Leur contribution s’est déclinée dans plusieurs secteurs d’activités, comme l’économie, les arts ou même les sciences. C’est un pan important de notre histoire. Ça montre aussi la diversité culturelle de notre pays. »

Le Canada a accepté 60 000 réfugiés d’Asie du Sud-Est sur une période de 18 mois en 1979 et 1980.