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Antonino Catania est retrouvé mort chez lui

Le fondateur de Catcan purgeait à résidence une peine pour fraude ainsi que pour abus de confiance

On aperçoit sur la photo Antonino Catania, en 2013, lors de sa sortie du quartier général de la Sûreté du Québec.
Photo d'archives, Chantal Poirier On aperçoit sur la photo Antonino Catania, en 2013, lors de sa sortie du quartier général de la Sûreté du Québec.

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Un ex-entrepreneur condamné début juin pour fraude contre la Ville de Montréal a été retrouvé mort, mercredi, dans la rivière L’Assomption à Le Gardeur, derrière sa résidence.

Antonino Catania, 72 ans, est le fondateur de l’entreprise de construction Catcan et père de l’entrepreneur Paolo Catania (à ne pas confondre avec l’autre Paolo Catania, son cousin, du Groupe Catania). Depuis le 9 juin, il purgeait une peine de neuf mois dans la communauté, pour fraude et abus de confiance dans le cadre d’un contrat avec la métropole.

Disparition signalée

Sa famille a signalé sa disparition dès le 26 juin en soirée.

«Des traces dans la cour arrière nous ont laissés croire qu’il était dans la rivière», dit Guy Bélair, directeur adjoint de la police de Repentigny. Les autorités ont donc demandé l’intervention des plongeurs.

«Hier (mercredi), vers 12 h 30, le corps a été retrouvé à 20 pieds de la berge, ajoute Guy Bélair. Est-ce que c’est un suicide, un accident, un acte criminel? Rien n’est écarté.»

La police a envoyé le corps au coroner, rue Parthenais, à Montréal. Antonino Catania était très malade du cancer, selon nos informations.

Fraude contre la Ville

Début juin, l’homme d’affaires a plaidé coupable de fraude envers le gouvernement. Il avait été arrêté lors de frappes de l’Unité permanente anticorruption en mars 2013 pour avoir participé à un système de corruption visant la Ville de Montréal, entre 2006 et 2008.

Un surveillant de chantier de la métropole, François Thériault, avait alors bénéficié d’un rabais de 30 000 $ sur la construction de sa maison et divers travaux. Il a ensuite autorisé l’épandage d’abats de poussière sur un chantier de la Ville, mais la marchandise n’a jamais été livrée.

Catcan avait quant à elle écopé d’une amende de 100 000 $. Dans cette affaire, Thériault avait pour sa part écopé d’une année de prison, en plus d’avoir dû indemniser la Ville. Il avait également perdu des bénéfices de son fonds de pension, auquel il avait cotisé pendant 22 ans.

En mai, Catcan a aussi échappé à des accusations du Bureau de la concurrence. La compagnie était soupçonnée d’avoir participé à un cartel des travaux publics avec 17 autres compagnies.

L’organisme fédéral tentait de prouver que ces entreprises s’étaient partagé, pendant quinze ans, les contrats d’aqueduc et d’égout, d’asphaltage, de trottoirs et d’aménagement de parcs pour la Ville de Montréal.

Aucune accusation n’a cependant été portée contre ces entreprises, révélait notre Bureau d’enquête. Des perquisitions bâclées ont mené à l’abandon des procédures.

Le roi de Verdun

Selon un rapport du Vérificateur général de la Ville de Montréal, Catcan a remporté tous les contrats de 2006 à 2009 dans l’arrondissement de Verdun.

Le fils d’Antonino, Paolo Catania, fait partie d’un groupe d’entrepreneurs en construction que la Gendarmerie royale du Canada a filmés au repaire de la mafia montréalaise en 2004 et 2005.

Comme le clan des Rizzuto, qui a longtemps dirigé la mafia montréalaise, la famille Catania est originaire de Cattolica Eraclea, un petit village de Sicile, en Italie.