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Brésil: 96 policiers visés par un coup de filet antidrogue

Brésil drapeau
Photo AFP

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Les autorités brésiliennes ont lancé jeudi une vaste opération visant à démanteler un réseau d’une centaine de policiers soupçonnés d’implication dans le trafic de drogue à Rio de Janeiro.

Plusieurs centaines de membres des forces de l’ordre ont été mobilisés dès l’aube pour mener à bien ce coup de filet, désigné par les autorités comme le plus important de l’Histoire de Rio contre des policiers corrompus.

Au total, la justice a émis 172 mandats d’arrêt, 96 d’entre eux contre des policiers, pour corruption passive et association de malfaiteurs, ont indiqué les services de sécurité locaux lors d’une conférence de presse.

En début d’après-midi 54 policiers et 22 autres individus soupçonnés de trafic de drogue avaient déjà été interpellés.

«Ces mauvais policiers fermaient les yeux et laissaient les trafiquants agir librement pour vendre leurs drogues», a expliqué le commissaire Fabio Barucke.

En échange, ce groupe de policiers corrompus touchaient «plus d’un million de reais par mois (environ 260 000 euros) qu’ils se partageaient», a-t-il ajouté.

Ils négociaient aussi leurs services pour escorter des gangs de narcotrafiquants, voire même leur fournir des armes.

C’est un jour difficile pour nous, mais cette opération était nécessaire pour que nous soyons débarrassé des brebis galeuses», a conclu le commissaire.

L’opération de jeudi est intitulée «Calabar», en référence à Domingos Fernandes Calabar, vu dans l’imaginaire collectif brésilien comme un traître notoire pour avoir collaboré avec l’invasion hollandaise au XVIIe siècle, dans le Nord-Est.

Près d’un an après avoir reçu les jeux Olympiques, Rio de Janeiro est en proie à une flambée de la violence ces derniers mois.

Une situation d’autant plus critique que l’État de Rio est au bord de la faillite et ne parvient pas à payer à temps les salaires de ses fonctionnaires, y compris des policiers.