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Trump s’en prend violemment à une journaliste qui venait de le critiquer

Mika Brzezinski
Photo d'archives, AFP Mika Brzezinski

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Le président des États-Unis Donald Trump s’en est pris violemment et de façon insultante sur Twitter jeudi matin à une présentatrice de télévision de la chaîne d’information MSNBC, qui venait de le critiquer avec force.

«J’ai entendu Morning Joe, une émission qui fait peu d’audience, mal parler de moi (ne regardez plus)», a écrit Donald Trump dans un tweet.

 

«Alors comment se fait-il que la folle Mika au faible QI, avec Joe le psychopathe soient venus à Mar-a-Lago trois nuits d’affilée autour du Nouvel An, et aient insisté pour me rejoindre. Elle saignait abondamment à cause d’une chirurgie esthétique au visage. J’ai dit non!», a poursuivi M. Trump.

 

Les présentateurs Joe Scarborough, un ancien élu républicain, et Mika Brzezinski, un couple dans la vie, animent chaque matin l’émission Morning Joe sur la chaîne progressiste MSNBC.

Mika Brzezinski, fille de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, venait jeudi matin de critiquer l’administration du président républicain qu’il faut, selon elle, regarder «comme une entreprise».

«Si quelqu’un venait à NBC et prenait le pouvoir, et commençait à tweeter furieusement à propos de l’apparence des gens, à harceler les gens, à parler de gens à la concurrence, à mentir tous les jours, à saper ses dirigeants, à les jeter sous le (bus) --cette personne serait limogée», a déclaré la présentatrice.

«Ce n’est pas un comportement normal. En fait, on s’inquiéterait que cette personne qui dirige l’entreprise ait perdu la raison», a ajouté Mika Brzezinski.

La chaîne a réagi sur Twitter: «C’est un triste jour pour l’Amérique quand le président passe son temps à harceler, à mentir et à déverser de mesquines attaques personnelles au lieu de faire son travail».

 

«Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je me dirais +c’est en-deçà de ma dignité de répondre au président des États-Unis+», a tweeté pour sa part le porte-parole du groupe NBCUniversal News, qui compte les chaînes MSNBC et NBC, Mark Kornblau.

Après la réaction de M. Trump, la journaliste a tweeté la photo d’un enfant en train d’attraper des céréales. «Fait pour des petites mains», peut-on lire sur l’image, qui reprend un slogan de campagne des opposants à Trump qui avaient détourné des propos du candidat républicain.

 

Joe Scarborough a retweeté pour sa part le commentaire d’un journaliste de CNN Jake Tapper qui a écrit: «Au fait: comment se porte la campagne de @FLOTUS (Melania Trump, NDLR) contre le harcèlement?»

 

La tension entre le président Donald Trump et les médias est montée d’un cran en début de semaine après le retrait d’un article par la chaîne CNN, qui a coûté leur poste à trois de ses journalistes chevronnés.

Cette affaire a suscité de nouvelles attaques contre les médias de Donald Trump, qui a multiplié les tweets sur les «fausses infos» ou les «faux médias».

Pétage de plombs

Pour certains observateurs, l’affaire CNN témoigne bien d’une dérive de la presse.

«Durant les six mois de la présidence de Donald Trump, nous avons assisté à un pétage de plombs sans précédent de la plupart des médias», a fustigé Michael Goodwin, l’éditorialiste du quotidien conservateur New York Post, dans un billet publié mercredi.

«Les normes (du journalisme) ont été jetées par dessus bord dans la frénésie qui vise à faire tomber le président», a-t-il insisté.

Certains reprochent à la presse d’orienter sa couverture pour améliorer ses audiences, ses abonnements ou son lectorat, qui sont au beau fixe depuis l’irruption de Trump dans le paysage politique américain.

Pour Stephen Reese, professeur de journalisme à l’université du Texas, «il est difficile de faire le tri entre» les intérêts économiques et «les objectifs professionnels», purement journalistiques.

Les chaînes d’information «sont un peu plus orientées vers le commercial», observe-t-il, «mais pour le (New York) Times et le (Washington) Post, je pense qu’ils font simplement leur travail».