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Un ermite «tiré» par des policiers voulait en finir

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L’homme de 63 ans sur lequel des policiers ont fait feu, jeudi soir, en Outaouais, vit reclus dans la forêt sans eau courante depuis une dizaine d’années et avait averti ses proches le jour même qu’il comptait s’enlever la vie.

«Je le connais depuis sept ans... c’est un bon jack. Quand il passe nous voir, il est de bonne humeur. Mais hier (jeudi), c’était un homme suicidaire qui en avait assez de vivre», raconte Sam Lefebvre, un employé d’une pourvoirie située à 1 km du lieu du drame, à Grand-Remous.

Inquiétés par ses propos suicidaires, des membres de son entourage ont contacté la Sûreté du Québec vers 21 h jeudi, qui s’est aussitôt rendue chez lui, en pleine forêt, selon un communiqué du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) émis vendredi.

L’individu, dont les autorités n’ont pas révélé le nom, serait sorti de sa résidence en pointant une carabine vers les policiers. Il se serait alors dirigé vers eux, toujours en pointant l’arme en leur direction, avant que les policiers ne décident d’ouvrir le feu.

Il aurait reçu une balle à l’abdomen, selon ce qu’a appris M. Lefebvre, mais on ne craint pas pour sa vie. Ce ne serait pas la première fois qu’il menace de se suicider. Les policiers avaient érigé un large périmètre de sécurité sur le chemin Barrage Castor avant d’intervenir.

Isolé

Le frère de la victime, qui habite à Laval, avait contacté la pourvoirie du Domaine des Huards, en soirée jeudi, pour demander à quelqu’un d’aller jeter un coup d’œil chez son frère, après avoir été inquiété par ses propos suicidaires.

«Mon boss et moi, on est allés le voir chez lui vers 20 h. Il dormait, on l’a réveillé, on a essayé de le raisonner, mais il voulait être tout seul. Alors on l’a laissé tranquille, comme on savait que la police s’en venait», dit M. Lefebvre.

Le sexagénaire habite depuis douze ans dans un secteur isolé, montagneux et boisé de Grand-Remous. Il n’a pas d’eau courante et utilise des panneaux solaires pour se fournir en électricité. «C’est quasiment un ermite. Il voulait prendre un break de la société», explique M. Lefebvre, qui dit le croiser quelques fois par mois à la pourvoirie.

Neuf enquêteurs du BEI ont été chargés de faire la lumière sur les événements. Ils sont arrivés sur les lieux vers 6 h 30 vendredi matin.

Un incident semblable est survenu mardi, à Montréal, quand un homme en crise a été abattu par des policiers dans un immeuble à logements de l’avenue Robillard, dans le quartier Centre-Sud.


Selon une étude de l’École nationale de police du Québec (ÉNPQ) publiée en 2016, 25 % des personnes tuées par des policiers au Québec de 2010 à 2016 cherchaient à mettre fin à leurs jours.