/news/society
Navigation

Microvillages: joyeux retraités de la Seigneurie du lac Matapédia

ville lac matapédia
Photo Karyne Boudreau Voici six des huit résidents permanents de la Seigneurie du lac Matapédia (deux épouses étant absentes). De gauche à droite : Rhéo Pelletier, Guy Villeneuve, Jacques Jean et Richard Caron. Au premier plan : Raymond Jean et Janine Canuelle.

Coup d'oeil sur cet article

LAC-MATAPÉDIA | À une quinzaine de kilomètres du centre-ville d’Amqui, les amateurs de quad, de motoneige et de ski de fond sont rois. Une demi-douzaine de retraités coulent des jours heureux à la Seigneurie du lac Matapédia.

Même s’il n’y a que huit habitants sur ce territoire, on ne s’ennuie pas à Lac-Matapédia, un territoire qui était demeuré sauvage jusqu’au moment où Rhéo Pelletier a décidé de s’y installer et de prolonger la ligne électrique dans les années 1990. Depuis, quelques résidents l’ont rejoint.

Parmi eux, Richard Caron a fait sa vie comme plombier pour des entreprises pétrochimiques dans l’est de Montréal. Lui et son épouse Francine ont été locataires quelques étés à la Seigneurie du lac Matapédia avant de prendre la décision d’y élire domicile il y a deux ans. « On s’est attachés aux gens et au milieu. Tout ce que j’entends ici, ce sont les petits oiseaux. C’est merveilleux ! » dit-il.

Chaque jour de sa vie de travailleur, M. Caron mettait une heure pour franchir les 15 km qui séparaient sa résidence de son travail. « Ici, je suis en ville en moins de 15 minutes. Je ne me sens pas loin du tout. Mais quand j’y vais, je fais des réserves pour ne pas avoir à y aller à tout bout de champ. »

Un maire pas ordinaire

À moins de deux minutes de marche de chez M. Caron, Raymond Jean et Janine Canuelle vivent aussi des jours heureux à la Seigneurie, où ils demeurent en permanence depuis 2000. Lui était camionneur en Abitibi, elle, préposée aux bénéficiaires à Mont-Joli. Ils se sont rencontrés par hasard à Amqui en 1999. Depuis, ils ont construit de leurs mains un nid d’amour meublé de quiétude.

Rhéo Pelletier tient un atelier de mécanique à Amqui. Il souhaite vendre bientôt son entreprise jointe à sa résidence principale pour rejoindre la bande de joyeux retraités au lac, qui l’ont élu président de l’Association des propriétaires des chalets de la route Soucy et qui aiment l’appeler « monsieur le maire ».

Électricité

« On appelait ça le dépôt, à Soucy. Ç’a été longtemps le chemin menant à un camp de bûcherons, raconte M. Pelletier. C’était le plein bois sauvage ici, quand j’ai pris le bail et construit mon chalet en 1990 », poursuit celui qui a négocié serré avec Hydro-Québec pour amener l’électricité au lac en 1997.

« Ça nous a coûté autour de 1500 $ chacun pour avoir le courant », lance-t-il.

M. Pelletier s’occupe aussi de voir à ce que la route soit déneigée l’hiver sur les 10 km qui restent à parcourir entre le territoire desservi par la Ville d’Amqui et celui non organisé occupé par ces joyeux retraités à l’année.

La Seigneurie du lac Matapédia en chiffres

  • Poste incendie le plus proche : 16 km
  • Station service la plus proche : 14 km
  • Nombre de rues : 1
  • Trois couples, un veuf, un divorcé
  • Un enfant (à mi-temps, garde partagée)
  • 8 habitants permanents, dont 6 sont retraités
  • Deux hommes d’affaires toujours actifs
  • Le plus jeune habitant a 50 ans.