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Expédition IKiVUQ

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Photo courtoisie, Expédition IKiVUQ François Léger-Savard, Anne-Sophie Daigle, Raphaël Hernandez, Ariel Desjardins Charbonneau, Cloé Fortin et Élise Bélanger sont les six membres de l’équipe Expédition IKiVUQ.

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Ils sont jeunes et ils veulent changer le monde. Dans quelques jours, ils donneront leurs premiers coups de pagaie dans le parc national de Pingualuit, à la frontière arctique de la province. Rencontre avec les membres de l’Expédition IKiVUQ, qui n’en sont pas à leur première aventure.

On se donne rendez-vous au café L’Étincelle sur la rue Beaubien. Ariel, François et Raphaël, tous Montréalais, ne sont pas déstabilisés loin de leur embarcation. Ils taquinent Anne-Sophie, qui nous y rejoint de Québec, en la qualifiant de la moins «urbaine» du groupe. Cloé et Élise sont à l’étranger le temps de la rencontre, mais elles sont aussi de la métropole. Les trois filles se connaissent du camp KENO, un camp spécialisé en canot à Saint-Alban, dans Portneuf.

Ils n’ont pas 30 ans, mais ils laissent de la place à leur passion pour l’eau vive et à leur amitié depuis une quinzaine d’années. Une synergie qui s’est construite un coup de pagaie à la fois.

Devant l’inconnu

« Le premier objectif de notre expédition est de se retrouver dans un endroit où on n’a pratiquement aucune information », résume François, photographe et caméraman de l’équipage. Des cartes topographiques existent déjà traçant les cours d’eau jusqu’à la baie d’Ungava, mais ni les obstacles propres à la rivière ni la difficulté de ses rapides ne sont connus.

« Lorsqu’on prépare une expédition, on planifie notre itinéraire au jour le jour, en sachant à quoi nous attendre, dit François. Cette fois-ci, chaque jour, on progressera à l’aveugle. En fait, on ne pourra même pas prévoir un kilomètre à l’avance. »

Ils ont un mois avant leur vol de retour et 380 kilomètres les séparent de leur point d’arrivée. Entre les deux, plus ou moins l’inconnu.

Les six amis s’aventureront ainsi dans l’une des dernières rivières inexplorées par des pagayeurs contemporains.

« Comme il s’agit d’une petite rivière voisine de deux rivières plus importantes, on ne pense pas qu’elle ait été beaucoup empruntée par les Inuit non plus », précise Ariel, physiothérapeute.

Ce dernier sera responsable de cartographier la rivière Lestage avec les renseignements collectés sur place, facilitant le passage pour les prochains canoteurs.

Partager et sensibiliser

Sensibiliser les gens à la beauté naturelle de la province est un objectif complémentaire à la quête de découvertes de l’expédition Iquivuq (embarquez avec nous en inuktitut).

« On habite dans le plus beau terrain de jeu au monde », pense Ariel. La quantité, la diversité et la qualité de nos eaux sont loin d’être banales, et sont méconnues.

« Dans le cratère des Pingualuit, on trouve l’eau la plus pure de la Terre », ajoute-t-il en exemple. L’eau récoltée était même plus pure que l’échantillon parfait contre laquelle elle devait être testée...

L’équipe s’abreuvera à même les rivières et lacs, sans filtre. Une relation authentique avec la nature, qu’on ressent aussi entre eux.

« C’est impossible de ne pas être authentique dans une telle expédition », dit Anne-Sophie.

Le défi pousse au-delà des réserves, au-delà des masques, au-delà des filtres. Un retour à la source pour ces jeunes explorateurs urbains d’aujourd’hui, qui souhaite cette quête contagieuse.

La décision de partir quand même

La semaine dernière, François était à l’hôpital à la suite d’une luxation de l’épaule droite. La veille de notre rencontre, l’équipe se réunissait pour discuter du « cas François » avec le principal intéressé. Partir blessé, ou pas tout à fait remis, peut hypothéquer une telle expédition : tous les autres coéquipiers encaissent la pression supplémentaire si François se retrouve toujours incapable de pagayer.

« On a choisi de partir tous les six quand même. On prendra en compte l’état de François dans toutes nos décisions sur place. Il est essentiel à notre équipe », dit Anne-Sophie. L’équipe n’écarte pas la possibilité que François progresse sur le terrain, au besoin, plutôt que sur l’eau.

Le blessé ne lésine pas sur sa guérison. Après notre rencontre, il allait donner des coups de pagaie en plein parc Jarry pour renforcer son épaule. Et avec une médecin et un physiothérapeute parmi ses coéquipiers, on le devine bien entouré. Bonne chance !

♦L’équipe de pagayeurs partira du parc national de Pingualuit franchissant plus de 380 kilomètres jusqu’au village inuit de Kangirsuk aux abords de la baie d’Ungava.

♦Pour suivre l’Expédition IKiVUQ: www.expeditionikivuq.com

♦La page Facebook sera alimentée de photos et de courts articles en progression : https://www.facebook.com/expeditionikivuq