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Molson quittera ses installations

Cette modernisation de 500 M$ inquiète les employés quant à l’avenir de leur emploi

Brasserie Molson
Photo Pierre-Paul Poulin Après deux ans de réflexion, Molson a informé ses employés, mercredi, qu’elle investira jusqu’à 500 millions $ dans une nouvelle brasserie plutôt que de moderniser celle de la rue Notre-Dame construite en 1786. Molson n’a pas dévoilé le site du futur complexe.

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Le déménagement de la brasserie Molson de son emblématique complexe sur les berges du Saint-Laurent, à Montréal, inquiète au plus haut point les employés, qui craignent que l’entreprise en profite pour sabrer son personnel.

Après 230 ans dans le quartier centre-sud, la brasserie Molson a confirmé mercredi qu’elle déménagerait plutôt que de rénover ses installations vieillissantes.

« La demande du marché et la nécessité de mettre constamment à niveau nos installations ont exigé que nous nous penchions sur l’avenir de nos activités de brassage au Québec », a affirmé le chef de la direction de Molson Canada, Fred Landtmeters.

Molson contemplait deux options : moderniser de fond en comble le vaste complexe situé sur la rue Notre-Dame Est, ou déménager dans de nouvelles installations, qui regrouperaient ses activités de production et de distribution.

Le déménagement pourrait coûter 500 millions $, ce qui demeure moins que les coûts prévus pour les rénovations du site Notre-Dame.

Adaptation à la demande

Selon François Lefebvre, porte-parole de la compagnie, les habitudes changeantes des consommateurs ont pesé dans la balance.

Ceux-ci aiment désormais « différents types de produits, différents formats, différents contenants, des produits à production plus limitée ». « Pour répondre à la demande des consommateurs, il fallait s’adapter. »

Ces paroles inquiètent Éric Picotte, le président du syndicat de Molson. C’est que le nombre d’employés requis pour la production de bière en canette nécessite le tiers des travailleurs requis pour l’embouteillage, une méthode meilleure pour l’environnement.

L’embouteillage requiert la participation de 15 employés par ligne par quart de travail, plutôt que quatre pour les canettes.

Incertitude

« Ça reste une crainte que s’ils font un virage 100 % canette, il y aura plusieurs pertes d’emploi. Molson s’est engagée à rester dans la grande région de Montréal, mais pas à maintenir sa production (à un niveau égal à celui de l’heure actuelle). »

L’entreprise étudierait actuellement quelques secteurs potentiels pour le déménagement de ses activités. Elle affirme ne pas avoir arrêté son choix. La nouvelle usine commencera ses activités d’ici 2022.

C’est très long, dit M. Picotte. « Pour les travailleurs, qui se demandent s’ils ont à déménager, c’est une grande incertitude. Le grand Montréal, c’est grand ! »

Les célèbres lettres en néon ne disparaîtront pas pour autant du paysage, car divers bâtiments patrimoniaux du site d’origine seront conservés.

Cinq questions sans réponses

♦ Tous les emplois seront-ils préservés ?

♦ Molson optera-t-elle pour la production en canettes exclusivement ?

♦ Dans quelle municipalité du grand Montréal la compagnie s’installera-t-elle ?

♦ À quel moment la nouvelle usine commencera-t-elle ses activités ?

♦ Qu’adviendra-t-il du site actuel ?

Molson en cinq dates

1. 28 juillet 1786 : L’Anglais John Molson brasse sa première bière dans un bâtiment en bois érigé le long du chemin du Roy, maintenant la rue Notre-Dame.

2. 1846 : La brasserie Molson atteint un jalon important en produisant 100 000 gallons de bière (454 000 litres).

3. 1949 : Molson atteint une production annuelle de 25 millions de gallons.

4. 1975 : La brasserie atteint sa taille maximale après de nombreux ajouts, dont la construction de l’édifice en briques, érigé en 1963, où se trouve la monumentale inscription « MOLSON ».

5. 2017 : Les usines montréalaises de Molson, rue Notre-Dame Est et rue Dickson, comptent près de 750 employés.