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Une Québécoise devenue mule pour rembourser une dette de 20 000$

Elle a fait entrer des kilos de cocaïne en Australie l’an dernier au terme d’une croisière

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C’est pour rembourser une dette de 20 000 $ qu’une jolie jeune Québécoise dit avoir été forcée d’accepter d’introduire plusieurs kilos de cocaïne en Australie en août 2016.

Cela devait être « un travail facile pour de l’argent facile », a convenu Isabelle Lagacé lorsqu’elle a été questionnée par le procureur de la Couronne à son retour en cour la semaine dernière.

On lui avait même dit de ne pas s’en faire, qu’il serait très improbable qu’une femme de 29 ans se fasse arrêter et fouiller.

Mais Isabelle Lagacé s’est fait prendre la main dans le sac lorsque le bateau de croisière sur lequel elle se trouvait avec son amie Mélina Roberge a accosté au port de Sydney, il y a près d’un an.

Selon le plus récent article d’un média australien, les agents frontaliers ont trouvé 23,864 kg de cocaïne pure dans des valises cachées dans la minuscule cabine des deux jeunes voyageuses.

Quelques étapes de leur croisière autour du monde.
Photomontage Le Journal
Quelques étapes de leur croisière autour du monde.

Lors de l’arrestation du duo, les autorités avaient plutôt parlé d’une trentaine de kilogrammes.

Plusieurs autres dizaines de kilos de poudre blanche, emballés de la même manière, étaient dissimulés dans les bagages d’André Tamine, un Montréalais dans la soixantaine.

Si les quelque 90 kg de drogue, d’une valeur de près de 30 millions $, n’ont jamais pu entrer en Australie, les trois Québécois y sont, quant à eux, prisonniers depuis le 28 août 2016.

Tamine est toujours en attente de son procès prévu le mois prochain, tout comme Roberge, qui a plaidé l’ignorance lors de son dernier passage en cour.

De son côté, Isabelle Lagacé a reconnu sa culpabilité à un chef d’importation d’une quantité commerciale de drogue, en décembre dernier.

Prison à vie

La femme de 29 ans, qui risque maintenant la prison à vie, connaîtra son sort en septembre prochain.

Celle qui travaillait dans un resto-bar de la Rive-Sud de Montréal a décidé d’expliquer ses motivations vendredi dernier, lors des représentations sur sentence, à la Cour du district de Sydney.

Il semble que la jeune serveuse ait emprunté 20 000 $ pour refaire sa vie, mais qu’elle n’avait pas les moyens de rembourser la somme.

Ses généreux prêteurs lui auraient alors offert d’effacer sa dette si elle faisait passer une valise pleine de drogue aux douanes de Sydney, en Australie.

Là-bas, la cocaïne se vend cinq fois plus cher qu’au Québec, soit 250 000 $/kg.

Menaces

« Ils sont venus et ils m’ont dit que je devais faire ça. Je devais faire le voyage et amener un sac », a témoigné la jeune femme la semaine dernière, devant quelques-uns de ses proches qui avaient fait le voyage.

Si elle avait refusé de faire le voyage, les criminels qui tiraient les ficelles s’en seraient pris à sa famille, a-t-elle insisté.

En juillet dernier, Isabelle Lagacé a donc sauté dans un avion à destination de Dover, en Angleterre, où elle a pris part à une luxueuse croisière de 66 jours autour du monde à bord du MS Sea Princess.

Elle n’a payé ni l’avion ni la croisière, qui peut coûter près de 20 000 $ pour une personne, a-t-elle avoué au tribunal.

Tout au long de leur périple de deux mois, Isabelle Lagacé et Mélina Roberge ont inondé les réseaux sociaux d’épatantes photos de leurs escales en Amérique du Sud et dans des archipels paradisiaques.

Sur le navire, la mule a fait la rencontre d’une poignée d’hommes qui devaient participer au stratagème. Ceux-ci n’ont pas été arrêtés.

Le mystère plane toujours quant à savoir qui a amené la drogue à bord et à quel moment pendant la croisière.

Lagacé a toutefois dit à la cour que, la veille de l’arrivée du bateau à Sydney, un homme aurait pris la clé de la cabine qu’elle partageait avec Mélina Roberge pour mettre la cocaïne dans une valise vide.

Peur pour sa vie

Isabelle Lagacé a juré ne pas avoir touché à la drogue, ni même avoir regardé ce que contenaient ses bagages.

Lorsqu’elle s’est fait arrêter par la police australienne, la jeune femme a néanmoins refusé de donner le mot de passe de son téléphone BlackBerry et le nom de ceux pour qui elle devait faire entrer la cocaïne en Australie.

« Je suis surtout craintive. J’ai peur pour ma vie », a-t-elle dit en pleurnichant devant la juge Kate Traill.

— Avec News.com.au