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Dettes en folie

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Avec l’été, la piscine et les barbecues, on a autre chose à faire que de parler de notre dette publique.

Mais justement : avez-vous remarqué qu’on n’en parle plus de cette fameuse dette, alors que c’était un sujet chaud il y a quelques années ? Est-ce parce qu’elle diminue et qu’on n’a plus à s’en inquiéter ? Au contraire.

Livio Di Matteo, de l’Institut Fraser, apportait un éclairage intéressant sur la question dans un blogue étoffé publié jeudi dernier.

La dette nette des gouvernements provinciaux entre 2008 et 2016 a bondi considérablement, passant de 317 milliards $ à plus de 601 milliards $. Une hausse de 89 % !

La crise financière de 2008, qui a touché le Canada dans une moindre mesure, a certes contribué à cet endettement. Mais comment les différentes provinces s’en sont-elles tirées ?

Trudeau l’irresponsable

Si on regarde la part de chacune des provinces dans l’endettement total, les cas du Québec et de l’Ontario sont intéressants.

Avant la crise financière, la part du Québec dans l’endettement des provinces avait atteint un sommet de 40 %. Mais depuis, elle a diminué et ne représente plus que 31 % de l’endettement total des provinces canadiennes.

C’est tout le contraire en Ontario. Cette province – qui semble vouloir imiter les politiques dépensières du Québec d’il y a quelques années – a cumulé les dettes à un rythme beaucoup plus élevé, au point que sa dette compte aujourd’hui pour plus de la moitié du total des dettes des provinces. Sur une période de 25 ans, sa part de l’endettement est passée de 35 % à 51 %.

Le portrait n’est guère plus rose au fédéral.

Justin Trudeau, qui semble avoir pour but de nous enterrer vivants sous les dettes, dépense comme si la fin du monde était prévue dans 25 ans. Rappelons qu’il « promet » plus de 100 milliards de déficits sur les cinq prochaines années.

Une récente étude publiée par l’Institut Fraser (encore eux) démontrait que le gouvernement Trudeau a augmenté les dépenses fédérales par personne de 5,2 % en moyenne par année, et s’approche du record absolu atteint pendant la récession en 2009.

Le problème : historiquement, les sommets de dépenses du fédéral ont toujours eu lieu dans des contextes de récession ou de guerre. Or, rien, en ce moment, ne permet de justifier des dépenses si élevées.

Harper aussi dépensier

La dette fédérale, de 644 milliards $ au moment d’écrire ces lignes, augmente de près de 80 millions $ par jour, selon la Fédération canadienne des contribuables.

Le gouvernement précédent de Stephen Harper a aussi été dépensier, remarquez. Il a augmenté la dette de quelque 150 milliards $ pendant son mandat, avant de finalement équilibrer le budget en 2016.

Aujourd’hui, autant Justin Trudeau que son ministre des Finances, Bill Morneau, refusent de préciser quand le gouvernement fédéral mettra fin à ses déficits. Encore chanceux qu’on ne soit pas en guerre ni en récession...