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La «Mère Teresa» des trans au Québec est décédée

Marie-Marcelle Godbout
Photo d'archives Marie-Marcelle Godbout
Pionnière

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La pionnière de la défense des droits des transsexuels au Québec Marie-Marcelle Godbout est décédée dans la nuit de vendredi à samedi.

«On ne peut même pas chiffrer le nombre de personnes qui ont évité le suicide parce que Marie-Marcelle Godbout a répondu au téléphone au milieu de la nuit», raconte le président de l’organisme Aide aux trans du Québec (ATQ), Julien Leroux Richard.

Une des premières

Âgée de 73 ans au moment de son décès, Marie-Marcelle Godbout s’est fait connaître du grand public grâce à une entrevue télévisée qu’elle a réalisée avec Jean-Luc Mongrain en 1980. C’était alors l’une des premières personnes au Québec à s’exprimer publiquement sur le sujet.

La même année, elle a fondé l’ATQ et mis en place une ligne téléphonique pour venir en aide aux personnes transsexuelles. À l’époque, cette condition était encore considérée comme une maladie.

Elle-même transsexuelle, Marie-Marcelle Godbout voulait ainsi combattre les préjugés à l’endroit des personnes qui sont dans cette situation. C’est d’ailleurs le décès post­opératoire d’une amie transsexuelle qui l’a poussée à créer l’ATQ.

«Peu importe l’heure où les gens appelaient, elle était toujours là pour leur répondre et les accompagner dans leurs démarches [de changement de sexe]», explique Julien Leroux-Richard à propos de celle qu’il qualifie de «Mère Teresa» des transsexuels au Québec.

Encore samedi, on pouvait entendre sa voix préenregistrée en réponse aux appels destinés à la ligne téléphonique de l’ATQ.

Des progrès

«Si elle n’était pas sortie publiquement, on serait encore des gens criminalisés. On ne pourrait même pas marcher dans la rue, ou aurait encore peur de se faire emprisonner», confie Mélissa Legault, membre du Conseil d’administration de l’ATQ.

La loi 103, adoptée en juin 2016, permet aux enfants transsexuels de faire modifier la mention de sexe, masculin ou féminin, apparaissant sur leur acte de naissance.

Décédée «en paix», selon Julien Leroux-Richard, la dame laisse dans le deuil son conjoint avec qui elle vivait encore ainsi que son garçon et ses petits-enfants.

«Elle n’arrêtait pas de nous répéter que nous pouvions avoir une vie normale, malgré notre condition, qu’elle en était l’exemple parfait», se rappelle Mélissa Legault, une autre membre du CA de l’ATQ.