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Le petit village du grand Charles

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Contrairement à ce que l’on peut imaginer, le village du général de Gaulle, Colombey-les-Deux-Églises, n’est pas son lieu natal (qui est Lille). C’est son village d’élection. Il l’a « adopté » en s’y établissant au lendemain de la Première Guerre. Il a aussi voulu y être enterré et y reposer, n’en déplaise au Panthéon de Paris et ses grands hommes. Ce grand homme demeure donc « à part » jusque dans la mort.

Situé à deux heures de Paris, non loin de Brienne, là où se ­trouvait l’école militaire que ­fréquenta le très jeune ­Napoléon, Colombey-les-Deux-Églises était un patelin sans histoire et inconnu jusqu’à ce que de Gaulle le « mette sur la carte ». Aujourd’hui, il compte 700 habitants. Sept familles y pratiquent toujours l’agriculture.

Pendant l’exil du gouvernement de la France libre qu’il dirigeait à Londres, son manoir était occupé par les Allemands qui en ont bien sûr profité pour faire des dégâts et se venger de leur ennemi. Non seulement de Gaulle a rafistolé ce château au lendemain de la Grande Guerre, il a dû encore le reconstruire après la défaite des nazis.

Cet homme qui se sentait bien dans la solitude a quand même créé un précédent dans sa carrière en recevant un seul chef d’État chez lui, au village : le chancelier Konrad Adenauer, au lendemain de la réconciliation de la France avec l’Allemagne. Sinon, il y recevait seulement ses amis, dont l’écrivain André Malraux.

Imaginez le bouleversement pour ce village lorsque le dispositif de sécurité présidentiel ­protégeait les lieux ! De Gaulle a quand même subi huit attentats !

 
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