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Sa famille croit qu’il n’était pas à la tête d’un site de vente d’armes

L’homme se serait suicidé la semaine dernière dans une prison de la Thaïlande

Alexandre Cazes, 25 ans, menait un train de vie princier grâce à son site où se vendaient des armes et des drogues.
Photo Facebook Alexandre Cazes, 25 ans, menait un train de vie princier grâce à son site où se vendaient des armes et des drogues.

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TROIS-RIVIÈRES | Neuf jours après que le caïd du dark web Alexandre Cazes a été retrouvé mort dans sa cellule en Thaïlande, sa famille croit que le FBI tente de faire passer sur son dos des choses qu’il n’a pas faites.

Le Trifluvien de 25 ans, dont la fortune était estimée à 23 millions de dollars, menait la grande vie en Thaïlande avant d’être arrêté par le FBI le 5 juillet dernier.

Il détenait, entre autres, une Lamborghini payée 900 000 $, une Porsche et une motocyclette de marque BMW. Il avait également six propriétés : quatre en Thaïlande, une sur l’île de Chypre, au Moyen-Orient, et une autre dans les Antilles.

Mais sa famille doute qu’il soit à la tête du plus gros site de dark web, Alphabay.

Un coupable commode

« Le FBI doit absolument avoir un coupable, et maintenant qu’Alex est décédé, [c’est dur] d’avoir des informations, donc pourquoi [ne] pas tout mettre les chefs sur le dos d’Alex », a écrit la belle-mère d’Alexandre Cazes, Kathy Gauthier, sur Facebook vendredi matin.

Elle n’a pas voulu accorder d’entrevue, mais a dirigé Le Journal vers les commentaires qu’elle a mis sur les réseaux sociaux, où elle y décrit Cazes comme un « p’tit gars introverti, pacifique, anti-drogue ». Il aurait même convaincu son père d’arrêter de fumer la cigarette.

« De toute façon, on ne peut pas débattre avec le FBI. Mais on reste avec le doute. On ne peut pas le croire, mais devons accepter la situation », s’est-elle limitée à écrire, en message privé.

Cazes faisait face à 16 chefs d’accusation liés à la création et à l’administration d’AlphaBay, le plus important site web criminel dans le dark web de l’histoire.

Un eBay criminel

Le site fonctionnait à la manière d’eBay, mais on y proposait plutôt des drogues dures comme du Fentanyl, des armes, des virus informatiques, des produits chimiques et d’autres produits illégaux.

En juin 2017, 369 000 articles étaient à vendre sur le site, qui prélevait une commission de 2 à 4 % à chaque transaction.

Cazes se serait fait mettre la main au collet par une simple erreur d’amateur, selon les autorités américaines. Au début du site en décembre 2014, son courriel personnel, pimp_alex_91@hotmail.com aurait été affiché dans les courriels de bienvenue sur le site Alphabay.

La belle-mère d’Alexandre Cazes n’en croit pas un mot.

« Voyons donc ! Voir si un génie comme lui aurait fait une connerie de ce genre », affirme-t-elle.

Mme Gauthier rappelle qu’Alexandre était millionnaire avant septembre 2014, quand AlphaBay a été mis en ligne.

« On croit fermement qu’il s’est fait embarquer dans une mauvaise affaire et que quelqu’un lui a fait porter le chapeau », a-t-elle écrit sur Facebook, le 13 juillet.

Suicide ou règlement de compte ?

Depuis sa mort dans une prison thaïlandaise le 12 juillet, sa famille émet de sérieuses réserves concernant le fait qu’il se soit enlevé la vie, et croit qu’il aurait plutôt été assassiné. La belle-mère de Cazes ne croit pas la version des autorités thaïlandaises.

« Voyons donc voir si on peut vraiment s’enlever la vie tout seul avec une serviette attachée à une poignée de porte... essayez-le pour voir... c’est impossible », a-t-elle écrit.