/opinion/columnists
Navigation

L’ego démesuré de Denis Coderre

Coup d'oeil sur cet article

Pensez-y : Justin Trudeau a dépensé 500 millions $ pour le 150e anniversaire du Canada et Denis Coderre, un milliard $ pour le 375e de Montréal.

Qui fête en grande pompe un 375e ? Mon cynisme répond : « Quelqu’un qui veut passer à l’histoire – pensons Jean Drapeau –, mais qui aura quitté le pouvoir au 400e. »

Aucun des arguments pour marquer avec faste cet anniversaire fantoche n’a réussi à me convaincre du bien-fondé d’un party à un milliard pour les Montréalais, déjà bien servis en festivals, qui veulent surtout une ville qui fonctionne à coûts raisonnables et sans corruption. Tous savaient que certains travaux clés ne seraient pas terminés à temps. À moins de payer plus cher ou d’être bâclés.

Inacceptable

La fontaine à 14 millions $ de la place Vauquelin a cessé de fonctionner après deux semaines, et inondé le sous-sol de l’hôtel de ville.

La promenade Fleuve-Montagne : 50 M$ pour ça ? Sur papier, l’idée était séduisante. Dans les faits, c’est un ouvrage banal – l’opposition a raison –, livré deux mois en retard et dont le coût laisse pantois. Combien pour les clôtures en broche el cheapo sur McGill College ?

Un projet de vivre ensemble, inclusif, créatif, festif, vibrant (pardon ?) et « riche en végétaux », lisait-on dans le communiqué. On avait loué une machine à bulles pour l’inauguration. C’est tout dire.

Combien pour les mâts en aluminium (laids) installés sur Sherbrooke Ouest dans le cadre de l’exposition d’été (belle) La balade pour la paix ? C’est confidentiel, m’a dit une porte-parole de la Ville, partenaire privé oblige.

Et l’illumination du pont Jacques-Cartier ? Avoir Moment Factory dans le décor ne nous a pas empêché de connaître le prix du projet, soit 40 M$. Cette magnifique initiative aurait suffi à marquer ce pseudo-anniversaire, au lieu d’une déferlante d’événements et d’installations tape-à-l’œil, coûteuses et vides de sens historique.

Que dire du rodéo dans le Vieux-Port ?

Je ne peux passer sous silence la course de Formule électrique au centre-ville. Toutes les autres villes qui accueillent la Formule E refilent les factures à des commanditaires. Pas à Coderreville : les contribuables vont casquer au moins 24 M$, dont 7,5 M$ pour 1500 murets en béton.

De plus, six des 10 commanditaires locaux sont des organismes publics, Hydro, la Caisse, etc.

Je suis tout aussi choquée par le manque d’empathie de l’administration envers les commerçants qui font les frais d’événements non essentiels. Ils sont abandonnés. Pourtant, encourager l’entrepreneuriat arrive au sixième rang des priorités du maire.

Avenir incertain

Denis Coderre sera réélu en novembre. Valérie Plante de Projet Montréal, très à gauche, ne fait pas le poids pour l’instant.

J’appréhende ce deuxième mandat. Un stade de baseball sera-t-il construit aux frais des contribuables ? Des trottoirs chauffants vont-ils sauver la rue Sainte-Catherine ? Plus personne ne parle de corruption. C’est terminé ? Et le bordel au SPVM ? L’état des rues qui continue de se dégrader ? Le chômage plus élevé que la moyenne québécoise ?

Le projet d’infrastructures qui intéresse le plus Denis Coderre est l’infrastructure de son ego.