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Le projet pétrolier à l'île d'Anticosti en cinq points

Le projet pétrolier à l'île d'Anticosti en cinq points
Photo AFP

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Le gouvernement du Québec en a assez. Il a annoncé vendredi qu’il fait une croix sur le projet pétrolier à l’île d’Anticosti. Voici en cinq points un résumé de toute cette saga:

1) Le 13 février 2014, le gouvernement péquiste de Pauline Marois annonce qu’il envisage d'investir plus de 100 millions de dollars afin de vérifier s’il est possible d’exploiter du pétrole à l’île d’Anticosti. Québec s’entend alors avec les compagnies Pétrolia, Corridor Resources et la multinationale française Maurel & Prom, tout en concluant un accord de principe avec Junex. Le gouvernement mandate Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, pour gérer les investissements dans le cadre des deux ententes sur les programmes d’exploration pétrolière.

Le projet pétrolier à l'île d'Anticosti en cinq points
SARAH BERGERON-OUELLET/AGENCE QMI

 

2) Peu de temps après, le 30 mai 2014, le gouvernement du Québec, maintenant dirigé par les Libéraux avec en tête Philippe Couillard, donne le feu vert à des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti à l’été 2014. Il respecte ainsi l’entente signée par sa prédecesseure péquiste, Pauline Marois, qui avait conclu une entente avec des entreprises privées. Le Parti libéral commande par le fait même une évaluation environnementale sur les limites et le potentiel de ce projet pétrolier, censée être livrée en mars 2015.

Le projet pétrolier à l'île d'Anticosti en cinq points
Photo d'archives Jean-François Desgagné

 

3) La situation prend une tout autre tournure par contre en décembre 2015. Philippe Couillard ne veut plus rien savoir du projet pétrolier à l’île d’Anticosti. «Je l’ai trouvé à mon arrivée au gouvernement. J’aurais préféré ne pas le trouver, parce que j’étais contre ce projet-là quand j’étais dans l’opposition», déclare-t-il en marge de la conférence de Paris sur les changements climatiques. Le Journal a pourtant rapporté en février 2016 que c’est le gouvernement libéral de Jean Charest qui a proposé en premier une entente de partenariat avec des pétrolières pour l’exploration des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti. Cette révélation n’a pas empêché Philippe Couillard de réitérer ses propos à plusieurs autres reprises, affirmant par exemple que «le délabrement de ce milieu unique ne portera pas [sa] signature» et qu’un milieu naturel comme l’île d’Anticosti, ça n’a pas de prix.

Le projet pétrolier à l'île d'Anticosti en cinq points
AFP

 

4) Le mercredi 15 juin 2016, la compagnie Pétrolia obtient finalement l’autorisation d’effectuer des travaux de forage sur l’île d’Anticosti. La réjouissance est de courte durée, puisqu’en date du 12 juillet, la pétrolière québécoise n’a toujours pas reçu les investissements promis par le gouvernement libéral. Pétrolia décide alors de traîner le gouvernement du Québec en cour. Elle obtient un jugement en partie favorable, qui oblige Ressources Québec et la compagnie Saint-Aubin à lui verser les sommes mensuelles nécessaires au maintien des emplois et des travaux exploratoires sur l’île d’Anticosti, jusqu’en mai 2017. Le juge Martin Castonguay ne se prononce toutefois pas quant à la réalisation des forages prévus durant l’été 2016.

Le président directeur général de Pétrolia Alexandre Gagnon
Simon Clark/Agence QMI
Le président directeur général de Pétrolia Alexandre Gagnon

 

5) Pétrolia reporte finalement les travaux à l’été 2017. La compagnie québécoise annonce par contre début juin qu’elle n’effectuera pas de travaux durant la période estivale dans l’espoir d’en venir à une entente avec le gouvernement du Québec. L’équipe libérale ne laisse toutefois pas la chance à Pétrolia de négocier, mettant un terme aux espoirs de la compagnie en annonçant vendredi la fin du projet pétrolier à l’île d’Anticosti.