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Travailler après 50 ans, ou l’art d’anticiper sa carrière...

Travailler après 50 ans, ou l’art d’anticiper sa carrière...
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Lindsay-Anne Prévost — 37e AVENUE

 

Selon Statistique Canada, plus d’un travailleur sur six était âgé de 55 ans et plus en 2010. En 2011, ils représentaient 18,7 % de l’emploi total, comparativement à 15,5 % lors du recensement de 2006. Face à une population vieillissante, force est d’admettre que les employeurs doivent embaucher des travailleurs « âgés »... et les garder.

Tania Saba, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal, observe deux tendances à ce chapitre. D’abord, les travailleurs tendent à rester un peu plus longtemps sur le marché du travail à la suite d’emplois instables ou faute d’avoir mis assez d’argent de côté pour la retraite. Cette tendance n’est toutefois « pas généralisée », précise-t-elle.

Ensuite, plusieurs travailleurs de 50 ans et plus effectuent un retour sur le marché du travail après s’être retirés pour une période plus ou moins longue. « Cette tendance est en train de progresser de façon assez importante, et ce, dans des emplois très diversifiés. On voit vraiment un phénomène de deuxième carrière », remarque Mme Saba.

La grande continuité

Mais qu’est-ce qui pousse ces employés à revenir — ou à rester — sur le marché du travail ? La question financière est certainement une bonne explication, mais il y a également la scolarité. « Ils ont investi longtemps dans leurs études et veulent encore contribuer à la vie professionnelle», explique la professeure titulaire.

L’idée est loin d’être marginale, puisque les employeurs sont preneurs de leur savoir. « L’expérience et la maturité qu’ils ont acquises pendant toutes leurs années de travail font en sorte qu’ils peuvent accomplir des mandats qu’un jeune ne pourrait pas nécessairement remplir », dit Tania Saba. Jumeler plusieurs types de générations s’avère également un avantage pour les entreprises. « Il y a un transfert de connaissances qui se fait », précise-t-elle.

Bien que le grand retour se fasse en majorité sur une base contractuelle ou à temps partiel, et dans des emplois moins stressants ou moins exigeants physiquement, Tania Saba assure que les employés ont le luxe de choisir leur deuxième carrière. « Ce n’est pas vrai que tous les travailleurs âgés finissent dans le commerce au détail ou dans une quincaillerie, bien qu’il n’y ait rien de mal là-dedans », tranche-t-elle.

À la poursuite de l’instruction

Bâtir une nouvelle carrière à 50 ans et plus peut être angoissant pour certaines personnes. Aussi, le succès du grand retour — ou de la continuité — résiderait dans l’anticipation. « On planifie la fin de sa carrière comme on planifie le début et le mi-temps de sa carrière », conseille Tania Saba.

Garder ses compétences à jour, suivre des formations et investir dans le développement de soi sont quelques-uns des trucs qu’elle donne à ceux et celles qui souhaitent se lancer.

Comme le dit le président du Milk Institute for the Future of Aging, Paul Irving, dans une entrevue accordée au magazine Forbes : « Les personnes âgées ont tant à offrir comme travailleurs, collègues et mentors. Il est dans l’intérêt de la communauté commerciale de les recruter, de les former, de les promouvoir et de les retenir... »