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Rassemblement pour les droits des migrants trans : pouvoir choisir qui on est

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dimanche pour la 4e édition de la Marche Trans.
Frédéric T. Muckle / 24HEURES Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dimanche pour la 4e édition de la Marche Trans.

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La communauté trans de Montréal réclame que le gouvernement québécois permette aux nouveaux arrivants de changer de nom et de mention de sexe à l’instar des autres personnes trans de la province.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dimanche pour la 4e édition de la Marche Trans.
Frédéric T. Muckle / 24HEURES

Adrianna Diaz, qui a quitté le Mexique en 2007 pour transitionner au Québec, a passé 10 ans à être considéré officiellement comme un homme malgré qu’elle s’identifie comme une femme.

Elle sait ce que ça signifie d’immigrer dans un nouveau pays où l’on doit se trouver du travail, un logis et apprendre une nouvelle langue avec des papiers officiels qui ne corresponde pas à qui on est réellement.

Adrianna Diaz était l’une des plusieurs centaines de personnes ayant pris part à la Marche Trans de dimanche.
Frédéric T. Muckle / 24HEURES
Adrianna Diaz était l’une des plusieurs centaines de personnes ayant pris part à la Marche Trans de dimanche.

« Imaginez si sur tous vos papiers, on garde la même photo, mais qu'on change le nom et le sexe. Tu vas voir que tu auras de la misère à la banque ou à la poste, explique l’étudiante en génie logiciel à l’université Concordia. C’est très difficile ».

Possible, mais difficile

Mme Diaz a finalement pu changer de nom et de mention de sexe officiellement au fédéral avec l’aide d’un avocat après avoir dépensé beaucoup de temps et plusieurs centaines de dollars.

Selon Mme Diaz et les quelques centaines de personnes s’étant réunis dimanche pour la 4eédition de la Marche Trans, le gouvernement Québécois devrait faciliter le procédé en permettant aux personnes trans migrantes de changer de nom et de mention sexe comme il est présentement permis dans toutes les autres provinces du pays.

« Quand les personnes trans viennent ici, ils ont plus de difficulté à s’intégrer, à se trouver du travail et à se trouver du logement parce que ces personnes ne sont pas autorisées à changer la mention de sexe et leur prénom sur les documents d’identité », explique Dalia Tourki, porte-parole de l’organisme Euphorie dans son genre qui organisait l’événement. Ça crée énormément de problèmes. »

 Dalia Tourki, porte-parole de l'organisme Euphorie dans le genre, a quitté la Tunisie pour fuir la violence et la discrimination visant les personnes trans du pays.
Frédéric T. Muckle / 24HEURES
Dalia Tourki, porte-parole de l'organisme Euphorie dans le genre, a quitté la Tunisie pour fuir la violence et la discrimination visant les personnes trans du pays.

« Le problème au Québec, c’est qu’on se dit que c’est gens là viennent d’un autre pays et donc laissons-les régler ces problèmes là dans leur pays d’origine », déplore quant à elle Mme Diaz.

Un projet de loi 895 déposé à l’Assemblée nationale le 17 mai dernier par le Parti Québécois vise à changer la situation.

Il cherche à modifier le Code civil du Québec pour supprimer l'obligation d'être domiciliée au Québec depuis au moins un an et d'avoir la citoyenneté canadienne pour permettre aux gens qui ne s’identifient pas avec le genre figurant sur leur acte de naissance d’obtenir la modification de la mention de sexe de ses prénoms sur des documents officiels.