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Sans service, point de salut

Pour une deuxième édition de suite, Milos Raonic s’incline dès son premier match à Montréal

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Milos Raonic s’est présenté à la Coupe Rogers hier soir sans son plus fidèle allié, son puissant service. Privé de sa redoutable arme, le Canadien a quitté à peine 1 h 15 min plus tard, battu 6-4 et 6-4 par le Français Adrian Mannarino.

Un maigre as, quatre doubles fautes, 57 % de premiers services en jeu. À ces tristes statistiques s’ajoute cette blessure au poignet gauche subie à l’entraînement il y a quelques jours, qui a retardé son entrée en jeu et sans doute précipité sa sortie.

« Je n’ai pas été assez solide dans certains aspects où je dois être solide, a regretté le sixième favori. Je pense que mon service a été affecté par tous les autres aspects de mon jeu qui n’allaient pas bien. Je n’étais pas assez concentré pour le rendre inconfortable. »

Pour la deuxième fois en autant d’éditions, Raonic quitte donc Montréal après son premier match. En 2015, deux ans après sa présence en finale, c’est le géant croate Ivo Karlovic qui l’avait évincé d’entrée de jeu.

« Ce n’est pas le scénario que je voulais écrire, a déploré le Canadien de 26 ans. J’espère pouvoir retrouver le droit chemin rapidement, car ce n’est pas le genre de tennis que j’aime présenter. »

Mannarino opportuniste

C’est Mannarino qui a gagné le tirage au sort et qui a choisi de servir. Une décision judicieuse du Français, qui a brisé Raonic à zéro d’entrée de jeu. Sans complexe, le 42e mondial a habilement retourné les offrandes du Canadien, remportant les huit premiers points de la rencontre.

L’ambiance festive qui régnait lors du duel entre Rafael Nadal et Borna Coric a vite laissé place à des chuchotements inquiets. Raonic et Mannarino en étaient hier à leur deuxième confrontation. Disputée l’an dernier sur l’ocre de Roland-Garros, la première avait été largement à l’avantage du 10e joueur au monde, 6-1, 7-6 (0) et 6-1. Logiquement, même s’il était un peu diminué physiquement, ça ne devait pas être aussi compliqué pour le favori local.

La foule a retrouvé son aplomb à mesure que Raonic semblait retrouver son jeu. Une course désespérée vers le filet lui a permis de réussir un passing le long de la ligne et de remettre les pendules à l’heure, 4-4.

Mais la ferveur fut de courte durée. Mannarino a réussi un autre bris et a ensuite conservé son service, empochant la première manche.

Stratégie payante

Après le match, Mannarino a reconnu être bien au fait de la blessure dont souffrait son rival. C’est pour cette raison qu’il a pilonné son revers pendant une bonne partie de la rencontre.

« Je n’ai pas son service, alors c’est pour cette raison que j’ai choisi de jouer bas, pour le contrer. Je savais qu’il était diminué, mais même lorsqu’il sert moins bien, Milos a un excellent service », a pointé le Français.

Raonic semblait avoir chassé ses démons de la première manche à l’entame de la deuxième. Les deux joueurs ont été au coude-à-coude pendant quelques points, le Torontois réussissant finalement son premier as au 19e jeu du match.

Ironiquement, c’est au cours de ce même jeu qu’il a subi son premier bris du set. Bien aux commandes, Mannarino a filé vers la victoire et un match de troisième tour face au surprenant Coréen Hyeong Chung. Le 56e mondial a évincé le Belge David Goffin, neuvième favori, 7-5 et 6-3 hier soir.

Quant à Raonic, il espère que le mal ne durera pas jusqu’aux Internationaux des États-Unis. Il explique avoir déjà eu cette douleur par le passé, mais jamais aussi longtemps.

« Mais je suis assez confiant. C’est une blessure que beaucoup de joueurs de tennis ont. Il y a deux jours, je n’arrivais pas à lever ma raquette. J’espère seulement qu’aujourd’hui (hier), ce n’était pas un pas en arrière dans ma guérison », a pointé le numéro 1 canadien.