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Denis Shapovalov renverse Rafael Nadal et soulève le Stade Uniprix

La jeune merveille canadienne Denis Shapovalov élimine Rafael Nadal

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Avec son sang-froid, ses nerfs d’acier, sa ténacité et sa fougue, Denis Shapovalov a offert une performance historique et spectaculaire d’une féroce intensité devant l’un de meilleurs joueurs de la planète, jeudi soir. 

La jeune étoile montante a écrit un autre important chapitre de sa prometteuse carrière en triomphant de Rafael Nadal sur le court central du stade Uniprix. Au bout de deux heures et 46 minutes, il s’est couché sur le terrain et a levé les bras au ciel pour célébrer un véritable exploit sous les chauds applaudissements.

Une retentissante victoire de 3-6, 6-4 et 7-6 (4) devant la deuxième raquette mondiale.

« Je crois au miracle, a-t-il lâché à bout de souffle devant la foule en liesse. Je n’aurais jamais pu y arriver sans votre aide. »

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

 

Cette soirée restera gravée dans les annales du tennis canadien. Âgé de 18 ans et trois mois, il est le plus jeune joueur à atteindre les quarts de finales de la Coupe Rogers depuis Bjorn Borg en 1974. Au 143e rang mondial, il est aussi le tennisman le moins bien classé à atteindre les quarts de finale d’un Masters 1000 depuis 2011.

Derrière Shapovalov

Avec la fébrilité dans l’air, le match n’était pas commencé que le favori de la Coupe Rogers avait perdu son étiquette. Le surprenant Canadien a une fois de plus été appuyé par la foule qui a acclamé chacun de ses coups.

Parmi les 11 700 spectateurs, peu nombreux étaient ceux qui s’étaient rangés derrière Rafa.

Shapovalov a encore ébloui les amateurs. Avec ses services percutants de diverses trajectoires, des as à la dizaine, des coups droits et des revers payants ainsi que des stratégies fumantes, il en a mis plein la vue à l’Espagnol de 31 ans qui en avait pourtant affronté d’autres au fil de sa glorieuse carrière. La dernière fois qu’il s’était incliné devant un joueur exclu du top 100, c’était dans la ronde des 64 à Wimbledon en 2015.

Le jeu inspiré de Shapovalov n’a jamais laissé entrevoir son manque d’expérience. Après tout, la veille, il était devenu le plus jeune joueur à atteindre la troisième ronde d’un tournoi du Masters 1000 de l’ATP depuis 2004.

Nadal savait donc un peu à quoi s’attendre alors qu’il était le détenteur de ce tour de force à l’Open de Miami à l’époque.

Même s’il était au fait de son style de jeu, de son petit côté arrogant dépouillé de crainte, de son énergie et de sa débordante confiance, Nadal a connu des ennuis. Constamment poussé et mis au défi, il a commis de nombreuses fautes directes.

Ça ne l’a toutefois pas empêché d’enlever la première manche en prenant le large au septième jeu. La crème a fini par remonter à la surface, notamment grâce à son premier service ravageur. Cette arme l’a toutefois lâché en milieu de match.

Artillerie lourde

En retard 3 à 0 en seconde manche et pataugeant en eaux troubles sur le court central, Nadal a sorti l’artillerie lourde. Le Taureau de Manacor n’avait pas l’intention de se laisser malmener par la jeune étoile.

En frappant de toutes ses forces et en attaquant les lignes, il a comblé l’écart. Il n’en fallait pas plus pour semer un léger doute dans l’esprit du chouchou de la foule alors que son avance a fondu rapidement. Si bien qu’il s’est retrouvé, en une vingtaine de minutes, de retour à égalité à 4-4.

Tenace et nullement intimidé, Shapovalov a repris son aplomb en résistant aux menaces du vainqueur de 73 tournois professionnels en carrière. Il s’est même permis de le briser une deuxième fois dans cette manche pour la remporter devant un public bruyant.

 

Un sauveur

Le Canadien a tenu la cadence au fil de la manche ultime. Souvent défié à égalité par son habile adversaire, il a réussi à conserver son service. Il a notamment gagné un précieux point en possession de la balle au bout de 10 égalités lors du troisième jeu en montrant de véritables nerfs d’acier.

Après deux tours au service, il avait déjà sauvé six balles de bris. Un fait d’armes qui l’a mis en confiance. Il a poussé Nadal dans ses derniers retranchements jusqu’au bris d’égalité ultime qu’il a remporté en revenant de l’arrière.

Shapovalov affrontera donc le Français Adrian Mannarino vendredi soir sur le court central.

 

► Shapovalov avait un appui de taille pour cet affrontement. En plus de Wayne Gretzky qui était encore au poste, la nageuse canadienne et quadruple médaillée olympique à Rio, Penny Oleksiak l’a inspiré.