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14 révélations de Valérie Tétreault sur la vie pas si prestigieuse que ça de joueuse de tennis professionnelle

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Hôtels cinq étoiles, restaurants dispendieux, vols directs et grand entourage: on peut croire que cette vie est la réalité de tous les joueurs et joueuses de tennis professionnels. Or, c'est loin d'être le cas.

En fait, la majorité peine à tirer un profit de leur carrière.

C'est le cas de Valérie Tétreault, ancienne joueuse canadienne de la WTA qui a pris sa retraite en 2010, à l'âge de 23 ans, soit très jeune.

Maintenant employée aux communications pour Tennis Canada et analyste sur les ondes de TVA Sports, elle rétablit la réalité, du moins dans son cas.

Voici 14 révélations de celle qui a déjà atteint la 112e place mondiale, dévoilée dans une longue entrevue accordée à TVA Sports.

En parlant de son entourage et de ses dépenses

  • Elle dépensait environ 150 000 $ par année. Il s'agit du montant moyen dépensé par les athlètes hors du top 100. Au cours de sa carrière, elle a accumulé 160 000 $ en gains.
  • «Les dépenses montent très vite. Tu dois payer le salaire de ton entraîneur. Ensuite, lorsque tu es sur la route, tout est en double: l'hôtel, les billets d'avion, les repas. Souvent, la bourse que tu reçois en tournoi n'est pas suffisante pour arriver "kif-kif".»
  • Selon elle, des joueurs comme Federer dépensent facilement un million par année, avec les salaires de leur entourage (entraîneur, agent, massothérapeute, etc.).
  • Comment rivaliser avec des équipes aussi coûteuses? «Il ne faut pas y penser. Tu es tellement dans le moment présent en match. Inévitablement, quand tu sors, tu vois ton chèque de paie, qui ne couvre pas tes frais.»
  • «Sur toute la planète, il y en a peut-être 75 qui vivent vraiment bien de leur sport, au sein du circuit féminin. Ça fait un peu peur, ton taux de réussite est pas super élevé.»

En parlant de sa vie au sein du circuit Challenger

  • «C'est déjà arrivé que je dorme tout habillée avec des bas parce que je ne faisais pas confiance en l'hôtel dans lequel j'étais. C'est déjà arrivé que j'appelle ma mère en pleurs parce que j'entendais des bruits bizarres dans le couloir de l'hôtel. J'ai aussi trouvé des coquerelles... disons que ce n'est pas la vie luxueuse que les gens peuvent s'imaginer.»
  • «Ça m'est arrivé de jouer à des places où les terrains étaient craqués, il y avait pratiquement de mauvaises herbes qui poussaient dans les craques. Tu te dis que c'est un (tournoi) Challenger...»
  • «C'est toutes sortes de situations loufoques que tu ne croirais jamais qui arrivent dans un tournoi professionnel, mais c'est la vie courante des joueurs du circuit Challenger.»

Sur sa retraite et son après-carrière

  • «Ce n'était pas une question d'argent rendu là.»
  • «Quelques blessures qui ont ralenti mes résultats. Soit que je continue de jouer et que je me maintiens près du 100e rang, mais qu'à 30 ans, lorsque j'accroche ma raquette, je doive recommencer ma nouvelle vie à zéro. Mes études étaient sur la glace, il fallait que je me trouve un métier. Je pensais aussi à vouloir des enfants.»
  • «J'avais déjà accompli une bonne partie de ce que je voulais, je pouvais partir sans regret. Je vivais certains problèmes dans ma vie personnelle, ça ne s'en allait pas dans la bonne direction.»
  • «Je ne regrette pas.»
  • «À la Coupe Rogers, quand je vois des Canadiens qui entrent sur le court central avec un public, ça me donne des frissons et je mets à penser: si j'avais fait un dernier tour de piste, qu'est-ce ça aurait été?»
  • «J'ai pu économiser un peu, assez pour être à l'aise pour bien entreprendre une vie normale.»

Malgré une courte carrière professionnelle, Tétreault peut se réjouir d'avoir affronté des joueurs comme Kim Clijsters, Caroline Wozniacki, Angelique Kerber, en plus d'avoir déjà vaincu Karolina Pliskova.

«J'ai hâte d'avoir des enfants et de leur raconter mes années dans le monde du tennis, et j'espère que ça va leur tenter de prendre une raquette de tennis», termine-t-elle.