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Les grands défis des financiers qui gèrent nos milliards

Caisse de dépôt et placement, Investissement Québec et Fonds de solidarité : à eux trois, ces organismes gèrent les 290 milliards $ des contribuables québécois.

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Michael Sabia 

► PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec

► Portefeuille : 286,5 milliards $ au 30 juin 2017

Photo Chantal Poirier

Quel est le plus grand défi auquel est actuellement confrontée votre industrie ?

La situation politique mondiale ne manque pas de rebondissements. Et la conjoncture est vraiment particulière : marchés boursiers au plafond, taux d’intérêt au plancher et volatilité presque nulle. Il faut trouver des façons de tirer notre épingle du jeu – un défi auquel font face tous les investisseurs dans le monde – parce que nous avons une responsabilité importante envers les Québécois et l’économie du Québec.

Et comment vous y prenez-vous ?

Faire nos devoirs. Comprendre, comprendre, comprendre, pour prendre des risques que nous maîtrisons. Innover dans nos façons de faire des transactions. Et tirer pleinement profit de nos équipes au Québec et ailleurs, qui sont près des marchés et des secteurs dans lesquels nous investissons.

L’année a été mouvementée, à tous égards. Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez en cette période estivale ?

Une chose est certaine : la Caisse ne s’arrête pas l’été. Nous avons conclu plusieurs belles transactions ces dernières semaines et nos équipes de CDPQ Infra continuent de travailler activement sur le projet de Réseau électrique métropolitain (REM). L’été est aussi une période importante durant laquelle nous travaillons sur nos priorités stratégiques.

Où passerez-vous vos vacances ?

Au bureau ! Même si je suis convaincu que plusieurs personnes aimeraient bien que je les passe ailleurs !

Une lecture d’été ?

Certains le savent peut-être, mais j’aime beaucoup le baseball. J’ai été fasciné par la victoire des Cubs de Chicago l’an dernier qui a mis fin à 108 ans – plus qu’un siècle ! – de malédiction. Je lis donc actuellement The Cubs Way de Tom Verducci.

Pierre Gabriel Côté

► PDG d’Investissement Québec

► Portefeuille : 3,9 milliards $ au 14 juin 2017

Photo Agence QMI, Simon Clark

Quel est le plus grand défi auquel est actuellement confrontée votre industrie ?

Le plus grand défi pour les entreprises est de prendre le virage technologique afin d’être plus compétitives et ainsi assurer leur pérennité. L’automatisation, la robotisation et la numérisation sont des incontournables. Moins de 20 % des entreprises sont automatisées à plus de 50 %, alors que la proportion est de 55 % aux États-Unis et 75 % en Allemagne. Il y a de la place pour l’amélioration. Il faut oser !

Et comment vous y prenez-vous ?

L’initiative manufacturière que nous avons conçue avec et pour des entrepreneurs. Elle consiste à sensibiliser les entrepreneurs à la nécessité d’innover et prévoit 10 solutions pour relever ce défi. Une seule solution est financière, les neuf autres sont de l’accompagnement et de la sensibilisation.

L’année a été mouvementée, à tous égards. Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez en cette période estivale ?

Nous poursuivons notre transformation organisationnelle et nous planifions l’an 2 de notre tournée manufacturière. En fait, les entrepreneurs manufacturiers n’investissent pas suffisamment dans les innovations. Nous allons continuer à les convaincre de le faire. C’est une question de survie.

Où passerez-vous vos vacances ?

J’adore le vélo. Chaque année, je participe au Grand défi Pierre Lavoie avec des employés. En juin, nous sommes partis du Saguenay–Lac-Saint-Jean jusqu’à Gatineau pour terminer à Montréal. Et je poursuis mon entraînement pour le demi-marathon de Montréal, le 24 septembre.

Une lecture d’été ?

Le deuxième âge de la machine, d’Érik Brynjolfsson et Andrew McAfee, parle de l’industrie 4.0, cet ouragan techno­logique qui bouleverse le marché du travail. Saviez-vous qu’il a fallu à la première machine 70 ans pour doubler de puissance, alors que la puissance des ordinateurs double tous les deux ans ? Il faut donc repenser notre rapport au travail.

Gaétan Morin

► PDG, Fonds de solidarité FTQ 

► Portefeuille : 13,1 milliards $ au 31 mai 2017

Photo Jocelyn Malette

Quel est le plus grand défi auquel est actuellement confrontée votre industrie ?

Développer l’économie d’ici comporte ses défis : démographie, transformation industrielle, environnement sociopolitique mondiale... Notre industrie doit s’assurer que nos entreprises, à la grandeur du Québec, aient le capital approprié, du démarrage à l’internationalisation.

Et comment vous y prenez-vous ?

Au cours des dernières années, les acteurs financiers, notamment les fonds de travailleurs, Investissement Québec et la Caisse de dépôt, mettent davan­tage en commun leur capital et leur expertise. La nature même de ces institutions uniques au Québec, en plus d’être une preuve de notre créativité, fait en sorte qu’elles sont devenues un levier essentiel pour sortir gagnant d’une économie en transformation.

L’année a été mouvementée, à tous égards. Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez en cette période estivale ?

Le Fonds s’est donné un plan afin d’accélérer le développement du Québec en soutenant des secteurs à valeur ajoutée, l’innovation, nos fleurons et la construction d’immeubles à vocation socioéconomique. Ce plan comporte des initiatives pour accompagner davantage nos entreprises et nos actionnaires. La cadence se maintient cet été.

Où passerez-vous vos vacances ?

Au chalet, entre les montagnes et le lac. J’y pratique la randonnée pédestre en montagne, puis, quand le vent se lève, je fais de la voile, que je pratique depuis une trentaine d’années.

Une lecture d’été ?

Nouvellement arrivé en librairie, l’Eldora­do polaire de Martin Frobisher est un récit de ce navigateur anglais à la recherche du passage du Nord-Ouest à la fin du 16e siècle. Plusieurs mots-clés de la description du livre ont attiré mon intérêt : « navigation », « mine d’or », « première bulle financière », « débuts de la globalisation ».