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Des flammèches en vue avec Trump

Le Canada a présenté ses objectifs en vue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, prévoit des flammèches lors des discussions.
Photo d'archives AFP La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, prévoit des flammèches lors des discussions.

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OTTAWA  |  Les discussions pour renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) dès cette semaine à Washington seront corsées et parsemées d’épisodes « dramatiques », admet la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland. Cette dernière a présenté lundi son plan de match en vue de l’ouverture des pourparlers et certains de ses objectifs sont en complète contradiction avec ceux de la Maison-Blanche. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement canadien est prêt à affronter la tempête, assure la ministre Freeland. 

Des flammèches en vue

Défendre la gestion de l’offre
  • Sans surprise, Ottawa a énoncé comme priorité la défense du système de gestion de l’offre en agriculture, qui donne priorité aux fermiers d’ici. Les Américains, à l’inverse, souhaitent avoir un meilleur accès au marché du lait au Canada.
Protéger le mécanisme de règlement des différents
  • Chrystia Freeland a officiellement tracé une ligne dans le sable en soulignant qu’elle se battra pour préserver le mécanisme impartial utilisé pour trancher les guerres commerciales potentielles entre les deux pays. Le président Donald Trump a de son côté promis de mettre la hache dans ce tribunal qui a donné raison au Canada la plupart du temps depuis les débuts de l’ALENA.
Améliorer l’accès aux contrats publics
  • Le Canada veut que ses entreprises aient un meilleur accès aux contrats publics aux États-Unis. Sur ce point, une collision frontale avec Trump est inévitable puisqu’il veut plutôt forcer les entreprises à construire les infrastructures publiques avec des matériaux Made in America.
Simplifier la mobilité des gens d’affaires
  • Enfin, Ottawa souhaite faciliter la mobilité des gens d’affaires en simplifiant l’obtention de permis de travail. Cet enjeu sensible lié à l’immigration n’est pas une priorité pour le gouvernement américain.

Les dossiers moins controversés

  • Tout comme l’administration Trump, Ottawa souhaite réduire la bureaucratie des entreprises à la frontière.
  • Les deux pays s’enten­dent aussi pour encadrer l’économie numérique.
  • Le Canada et les États-Unis souhaitent aussi ajouter à l’ALENA des dispositions liées aux droits des travailleurs, et des communautés autochtones, et à l’environnement.

De l’électricité du Québec chez Trump

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a révélé qu’elle utilise une image pour le moins étonnante pour convaincre les Américains de l’importance du Québec dans leurs relations commerciales. 
 
« J’ai souvent dit à l’administration américaine que l’électricité dans la Trump Tower [le domicile personnel du président américain] vient du Québec », a déclaré Mme Freeland devant un comité parlementaire. 
 
Hydro-Québec exporte en effet de grandes quantités d’électricité dans l’État de New York, assez pour alimenter un million de foyers, selon un porte-parole. Ce dernier souligne toutefois qu’il est impossible de dire précisément si l’appartement du président est éclairé grâce à l’hydroélectricité que le Québec exporte dans cet État.