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Une PME menacée par Québec

Une mégabuanderie publique concurrencerait la Buanderie Blanchelle

Buanderie Blanchelle
Photo courtoisie Pierre Ferron, patron de la Buanderie Blanchelle, dans Lanaudière, qui a peur que la mégabuanderie publique Lavérendière vienne piger à même ses contrats qui sont à plus de 90 % du secteur public.

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Un entrepreneur va devoir mettre à la porte 140 employés et abandonner son projet d’agrandissement d’usine de 20 millions $ parce que Québec veut le concurrencer avec une mégabuanderie publique, a fait savoir la PME à son usine de Repentigny, mardi.

« Notre survie à Repentigny est menacée. Québec dit à l’entreprise privée : “Séchez. Vos emplois, ce n’est pas important” », a déploré Pierre Ferron, patron de la buanderie Blanchelle, dans Lanaudière, qui a peur que la mégabuanderie publique Lavérendière de Québec vienne piger dans ses contrats provenant à plus de 90 % du secteur public.

Buanderie Blanchelle a été fondée en 1977. La PME offre des services de buanderie dans le secteur de la santé au Québec. L’entreprise compte 260 employés répartis dans ses deux installations de Repentigny et de Saint-Jean-sur-Richelieu, ce qui fait dire à son dirigeant que Québec a le devoir de protéger ces emplois plutôt que de les faire disparaître.

L’homme à la tête de l’entreprise craint même de devoir renoncer à son investissement de 20 millions $ prévu pour une nouvelle usine. « Nous sommes trop à l’étroit à Repentigny. Nous avions un projet d’agrandissement de plusieurs dizaines de millions de dollars. Mais ce projet est menacé parce que Québec risque de venir prendre nos clients », a-t-il dit au Journal.

Incompréhension

La mégabuanderie de Québec entend desservir les régions de Lanaudière, des Laurentides et de Montréal, ce qui fait rager Pierre Ferron. « On ne comprend pas pourquoi le ministère investit 20 millions $ ici pendant que le privé offre un meilleur service », a-t-il dit.

Le patron de la Buanderie Blanchelle affirme aussi qu’il est plus facile pour lui de trouver de nouveaux contrats aux États-Unis qu’au Québec.

De son côté, Julie White, l’attachée de presse du ministre de la Santé Gaétan Barrette, a insisté pour dire que l’idée derrière la mégabuanderie publique avait été soigneusement pensée. « Notre choix d’aller de l’avant avec ce projet est basé sur un rapport effectué par une firme indépendante. Nous avons pris une décision dans l’intérêt des contribuables », a affirmé Mme White.

Culture de ministère

M. Ferron a tenu à dire qu’il n’en voulait pas au ministre de la Santé, Gaétan Barrette lui-même, mais plutôt au ministère. Selon lui, cette décision administrative dépasse les couleurs politiques et ce serait de hauts fonctionnaires du ministère qui auraient imposé ce projet de buanderie publique. « Je pense que le ministère préférerait qu’on ne soit pas là », a-t-il laissé tomber.

Pierre Ferron a dit regretter que le gouvernement fasse grand bruit avec des mesures pour favoriser l’entrepreneuriat alors qu’il décourage les entreprises comme la sienne qui œuvre depuis plus de 40 ans. « On est les seuls dans notre domaine au Canada à exporter aux États-Unis. On n’a jamais été subventionné par l’État. Et l’État nous sort du marché... Pourquoi ? » s’est-il demandé à voix haute.

 

Buanderie Blanchelle

  • Fondation : 1977
  • Employés : 260
  • Repentigny : 140
  • Saint-Jean-sur-Richelieu : 120
  • Moyenne d’ancienneté des travailleurs : 20 ans

 

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