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Les Québécois sont malades, il faut les soigner!

Young woman in protective mask feeling bad in the city with air pollution from traffic and manufacturing. Smog concept
Photo Fotolia

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Hier, Le Devoir a publié un texte qui mériterait un prix international.

Le Prix de la Mauvaise Foi 2017 ou quelque chose du genre.

Voici les premiers paragraphes — je vous avertis, accrochez-vous, car c’est gratiné.

Un texte « scientifique »

« Alors qu’un récent sondage révélait qu’une part importante de la population québécoise s’oppose à l’accueil des demandeurs d’asile haïtiens qui affluent à la frontière canado-américaine, des chercheurs allemands publient dans les Proceedings of the National Academy of Sciences un article proposant des stratégies susceptibles d’atténuer cette attitude de rejet envers les étrangers, voire d’induire un comportement altruiste chez les personnes xénophobes.

« Ces stratégies consistent à accroître la libération d’ocytocine, une hormone impliquée dans l’empathie, tandis que l’on expose les personnes à des messages décrivant des actions altruistes. »

Vous avez bien lu.

Les Québécois sont malades. Ils souffrent d’un manque chronique d’empathie, probablement dû à des causes génétiques.

Mais grâce à deux chercheurs allemands, nous pourrons les guérir en leur administrant une hormone...

C’est publié dans Le Devoir !

Dans la section « Sciences » !

On croirait lire une brochure de l’Église de Scientologie...

Qui nous soignera ? Qui nous guérira ?

Vite, à quand l’inoculation ?

Va-t-on faire comme dans le temps de la crise du H1N1 et transformer le stade olympique en vaste dispensaire ?

Ah non, flûte, c’est pas possible, on l’a déjà transformé en refuge !

Pourquoi ne pas utiliser l’ancien Colisée à Québec, alors ?

On pourrait faire la file, et des fonctionnaires en blouse blanche pourraient nous vacciner contre le germe du racisme et de la xénophobie qui coule dans nos veines, et qu’on se transmet de génération en génération...

« Voilà, on vous a piqué. Allez vous reposer sur une civière, maintenant, en lisant Le Devoir... »

Dire que Le Devoir a déjà été un grand défenseur des intérêts du peuple québécois. Le quotidien fondé par Henri Bourassa laisse entendre, maintenant, que nous sommes malades, dégénérés, infirmes !

Pourquoi ? Parce qu’on ose se poser des questions sur la légitimité des demandes d’asile politique effectuées par les milliers d’immigrants qui ont traversé illégalement notre frontière !

Une pilule, un p’tit granule

Au moins, les « inclusifs à tout prix » veulent juste nous rééduquer et nous faire voir la lumière.

Là, on parle carrément de nous guérir en utilisant des hormones !

Allo ?

Tout ça parce que plusieurs Québécois pensent – ô, scandale ! ô, enfer et damnation ! – que nos frontières méritent d’être respectées ?

Je suis sans mot...

Mais c’est quoi, ce parallèle bidon, dégueulasse et tendancieux tracé entre la « crise » des migrants au Québec et une découverte scientifique concernant une hormone « induisant des comportements altruistes » ?

Mais quel mépris... Quelle condescendance...

Vous trouvez que les migrants qui traversent nos frontières ne devraient pas être considérés comme des réfugiés, ma p’tite dame ?

Tsss, tsss, venez ici, on va vous faire une piqûre et vous donner une belle pilule.

Vous allez voir, ça va aller mieux, après.

Le médecin de l’État va prendre soin de vous, vous serez enfin débarrassée de ces méchants réflexes.

Ce texte – et tout ce qu’il sous-tend – est honteux.