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Difficile d’obtenir un diagnostic de la maladie de Lyme au Québec

La tique est la principale cause de transmission de la maladie. Une fois qu’elle a mordu votre peau, il faut l’enlever avec précaution.
Photo Agence QMI La tique est la principale cause de transmission de la maladie. Une fois qu’elle a mordu votre peau, il faut l’enlever avec précaution.

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Plusieurs se tournent vers les États-Unis pour obtenir un diagnostic de la maladie de Lyme. Tombée malade en février dernier, Enya Kassatly, une jeune fille de 10 ans, a consulté une cinquantaine de professionnels de la santé au Québec avant d'avoir l'heure juste ailleurs.

«Je sentais que mon dos était tout déchiré», raconte-t-elle.

Même si elle a été testée positive à une souche de la maladie de Lyme, la Borrelia, les médecins doutaient de ses symptômes et l'ont internée durant deux semaines.

«Elle m'a dit: 'Ma chérie, tu sais que c'est dans ta tête, tout ça'», soutient-elle.

«Ils ont passé un scan au complet, de la tête aux pieds, dit son père Georges Kassatly. Ça a coûté des milliers de dollars au gouvernement québécois. Des dizaines de milliers de dollars en hospitalisation, en recherche, en tout ça. Et ils sont passés juste à côté!»

Enya dit avoir eu une trentaine de symptômes qui s'apparentent à la maladie de Lyme, tels que de la douleur aiguë, de la raideur et même des convulsions. La dégradation de sa qualité de vie l'a même poussée à quitter l'école.

«Ça devient beaucoup, ajoute M. Kassatly. Et les médecins, au lieu d'aider, c'est juste mettre des bâtons dans les roues à chaque étape, quand on essayait d'avancer.»

Les parents d’Enya se sont alors tournés vers les laboratoires privés des États-Unis.

«Même aujourd'hui, je ne dis pas que les médecins ont tort, je dis que les médecins n'ont pas les outils, enchaîne le père. Pour eux autres, les tests positifs, au Québec, c'est un faux positif. Les tests américains, c'est parce qu'on a payé, pour nous plaire, pour notre argent, qu'ils nous donnent des résultats positifs.»

Une fois les antibiotiques contre la maladie prescrits, la fillette s'est métamorphosée.

«Aujourd'hui, elle marche, elle ne pleure pas, elle n'a pas des crises de pleurs, elle n'a pas de crises de convulsions, elle n'a pas de crises de spasmes», décrit Georges Kassatly.

«Je pense que c'est un manque de connaissances et un manque de mises à jour, avance Rachel Guignard de l’Association québécoise de la maladie de Lyme. Alors, s'il y avait mises à jour obligatoires, que les médecins étaient tenus de les faire... Parce que, là, c'est vraiment un problème de santé publique majeur.»

En cinq ans, le nombre de victimes est passé de 32 à 179 au Québec. Le gouvernement fédéral souhaite investir jusqu'à quatre millions de dollars, afin d'améliorer le diagnostic et le traitement de cette maladie.