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Ratés du système de communications d’urgence: 200$ de l’heure pour gérer la crise à la SQ

Les ratés se multiplient depuis le début de l’implantation de RENIR, en 2002. En plus des coûts qui ont explosé, plusieurs contraintes techniques compliquent la vie des policiers de la SQ.
Photo d'archives Les ratés se multiplient depuis le début de l’implantation de RENIR, en 2002. En plus des coûts qui ont explosé, plusieurs contraintes techniques compliquent la vie des policiers de la SQ.

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La Sûreté du Québec (SQ) a dû embaucher un consultant privé à 200 $ l’heure pour gérer la « crise » liée aux ratés du système de communication d’urgence RENIR, a appris l’Agence QMI.

La SQ a dû procéder en juin à l’octroi du contrat de 229 000 $ à la firme Devicom sans appel d’offres, parce qu’il s’agit « d’une situation d’urgence qui met la sécurité des personnes ou des biens en cause ». « Quand la moitié des postes sont dépourvus de système de communication fiable, et qu’aucune solution rapide n’existe, on considère que c’est une situation de crise », a expliqué en entrevue Jason Allard, porte-parole pour la Sûreté du Québec.

À la source du problème : le Réseau national intégré de radiocommunication (RENIR), le système de communication d’urgence géré par le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) et qui devait permettre aux policiers, pompiers et ambulanciers de communiquer entre eux.

Multiples ratés

RENIR connaît de multiples ratés depuis le début de son implantation en 2002, forçant désormais la SQ à trouver d’urgence des solutions pour assurer « la sécurité des policiers et des citoyens ».

Le système est non seulement confronté à plusieurs contraintes techniques (interférence, zones mortes, etc.), mais ses coûts ont explosé comparativement aux estimations de départ. Comme le corps policier ne dispose pas de spécialistes en radiocommunication policière, il était « impossible d’apprécier les impacts sur le terrain » des pistes de solution proposées par le CSPQ sans procéder à l’embauche d’un consultant privé.

Revenir à l’ancien système

Cet été, 16 postes de la SQ ont donc été obligés de retourner à l’ancien système de communication parce que RENIR ne permettait pas aux policiers d’accomplir leur travail, a également reconnu M. Allard. « C’était le moyen le plus efficace d’assurer notre service de première ligne », a-t-il précisé, en rappelant que les communications radio sont « la pierre angulaire des opérations policières sur le terrain ».

Quatre autres postes obligent toujours leurs patrouilleurs à travailler en duo, même en plein jour, parce que RENIR n’est pas assez fiable pour patrouiller en solo.

Quelque 35 postes utilisent le système RENIR, apparemment sans problème, notamment parce que « des mesures correctives » ont été adoptées. Finalement, une cinquantaine d’autres postes utilisent toujours l’ancien système, parce que le déploiement du RENIR a été suspendu.

Le CSPQ n’avait pas répondu aux demandes de précisions de l’Agence QMI au moment de publier ces lignes.

 

LE RENIR EN BREF

  • Réseau sans fil qui vise à faciliter les communications entre les différents intervenants des services d’urgence (policiers, ambulanciers, pompiers)
  • Création recommandée par la commission Nicolet à la suite de la tempête de verglas de 1998
  • Projet lancé en 2002, puis confié en 2005 au CSPQ
  • 144 millions $: Coût prévu pour la construction du projet, qui devait être pleinement opérationnel en 2008
  • 322,2 millions $: Coût estimé du projet au 31 mars 2013