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D’autres millions pour RENIR

Québec prévoit en dépenser 24 supplémentaires

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Le gouvernement du Québec prévoit dépenser 24 millions $ supplémentaires dans la mise en place du controversé système de radiocommunication des services d’urgence, dont les coûts ont déjà explosé, prétextant des ajouts « complémentaires ».

Le projet RENIR a déjà coûté aux Québécois 322 M$, alors que le budget prévu initialement pour ce projet qui devait être complété en 2008 était de 144 M$.

Mais encore, le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), responsable de son déploiement, a prévu de nouvelles dépenses de 24 millions $ récemment. Elles permettront « de compléter, d’ici le printemps 2018, le transfert de la desserte policière de la Sûreté du Québec et le transfert des services préhospitaliers d’urgence sur le RENIR », a mentionné le porte-parole de l’organisme, Pierre Turgeon. Le CSPQ ne parle pas d’extra, mais d’un « projet complémentaire », donnant comme raison un « contexte d’évolution ».

« Contexte d’évolution »

Ainsi, ces nouveaux millions $ sont comptabilisés à l’extérieur de l’enveloppe réservée pour RENIR. Ce sont des consultants externes qui travaillent déjà depuis plus de deux ans à ce projet de mutation informatique qui seront payés à même ce nouveau budget, a confirmé le CSPQ.

Dans la foulée de ces nouvelles dépenses, le CSPQ a accordé en février dernier un contrat sans appel d’offres de 10,5 millions $ à l’entreprise Motorola Solution Canada pour « l’installation et l’entretien des équipements réseau, terminaux, et de l’infrastructure de sites du RENIR ».

Depuis le début de la mutation vers RENIR, les problèmes de communication de la Sûreté du Québec ont pris de l’ampleur, rapportait hier Le Journal. Les agents de plusieurs postes sont obligés de patrouiller en duo 24 heures sur 24 à cause de ces ratés, et la SQ doit payer un consultant privé à 200 $ l’heure pour tenter de dénouer la crise.

Ces problèmes de communications des ondes radio coûtent aussi à la SQ des milliers d’heures supplémentaires.

Vérification

La Coalition avenir Québec somme le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de déclencher une « vérification interne » sur le système de communication d’urgence RENIR, à la suite de quoi « des têtes doivent tomber ».

« Le ministre doit absolument déclencher une vérification interne au CSPQ [pour savoir] qui est à la tête de ce fiasco-là, et des têtes doivent tomber », a indiqué le leader parlementaire adjoint de la CAQ, Éric Caire.

Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, trouve « extrêmement malheureux qu’il y ait encore des dépassements de coûts pour des projets comme RENIR. C’est le jour de la marmotte, ça n’en finit plus », a-t-il relaté, affirmant que le gouvernement « joue avec les chiffres et les données pour faire croire à une vérité tronquée ».

Selon lui, l’État n’est pas capable de « reprendre le contrôle du bordel informatique » et continue d’engager trop de consultants au lieu de rapatrier les meilleurs.

— Avec la collaboration de Pascal Dugas Bourdon, Agence QMI