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La danse des dollars

Max Pacioretty constitue l’aubaine par excellence dans la LNH.
Photo d'archives Max Pacioretty constitue l’aubaine par excellence dans la LNH.

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C’est Max Pacioretty qui doit se frotter les mains !

Depuis quelques années, selon les standards de la Ligue nationale, c’est un patineur sous-payé et il représente sans doute l’aubaine par excellence. Trente buts par saison, 141 au cours des quatre dernières années, un total que peu d’ailiers gauches ont atteint dans la Ligue et un salaire de 4,5 millions $.

Le contrat de Pacioretty se terminera à la fin de la saison 2018-19. Par conséquent, le décideur chez le Canadien, Marc Bergevin, pourra amorcer les négociations avec son capitaine le 1er juillet 2018, soit l’été prochain...

Pacioretty, s’il connaît une autre saison de 35 buts, par exemple, passera à la caisse, si ce n’est pas à Montréal, ce sera ailleurs en 2018-19, alors que le marché des joueurs autonomes lui donnera l’occasion d’offrir ses services à toutes les équipes. Il se pourrait aussi que Bergevin, en raison du plafond salarial, étudie toutes les options, dont la perspective d’échanger son vétéran.

Le contrat consenti à Leon Draisaitl par les Oilers d’Edmonton n’est pas sans soulever bien des interrogations. Si les agents salivent, les propriétaires des équipes grimacent. Draisaitl a signé une entente de huit ans pour une somme de 68 millions $.

Voilà qui change la donne !

Pastrnak et les Bruins

Prenons l’exemple des Bruins de Boston et de leur marqueur David Pastrnak. On lui a présenté un contrat de 36 mil­lions $ pour six ans. On ne veut pas lui verser un salaire supérieur à celui accordé à Brad Marchand l’an dernier, soit 49 millions $ pour huit ans. C’est quand même 19 millions $ de moins que Draisaitl.

Oups !

Pastrnak, maintenant joueur autonome avec restriction, a franchi le cap des 30 buts, il a 21 ans, c’est un joueur prometteur, il s’inscrit sur la liste des joueurs d’avenir chez les Bruins. Va-t-on l’échanger ? Va-t-on lui accorder un contrat de 7 M $ par saison ? Va-t-on renoncer à une entente de plusieurs saisons ? Une équipe de la Ligue va-t-elle oser présenter une offre hostile ?

Le dossier Pacioretty sera différent puisque, le 1er juillet prochain, il lui restera une autre saison à écouler à son contrat.

Cependant, Bergevin fera face à plusieurs scénarios : soit il accordera à Pacioretty un contrat de 8 M $ par saison même s’il aura des engagements de 48 millions $ prévus pour neuf joueurs, soit il échangera Pacioretty au cours de la saison 2018-2019... ou avant, qui sait ?

Pas de dégagement

Je lisais récemment une résolution adoptée par le hockey de développement aux États-Unis.

Cette résolution stipule que, dans les catégories de 14 ans et moins, il sera désormais interdit de dégager le territoire lorsque son équipe évoluera en infériorité numérique.

Les penseurs du hockey profession­nel devraient en tirer une leçon. Depuis le temps qu’on cherche des moyens d’améliorer le jeu offensif, depuis le temps qu’on veut donner plus de lustre au spectacle en fournissant aux surdoués encore plus de ressour­ces pour étaler leur talent plutôt que de former des spécialistes de la défensive, quand va-t-on reconnaître qu’on ne donne pas des privilèges à une équipe qui a enfreint un règlement. Pourquoi permettre à une équipe prise en défaut de contourner l’interdit. A égalité numérique, a-t-on le droit de dégager à l’autre bout de la patinoire ?

Non.

Pourquoi peut-on le faire avec un joueur au banc des pénalités ?

Clairvoyance et destruction

Le premier duel entre les Alouettes et les Argonauts a permis de mesurer le travail de destruction qu’a effectué Jim Popp au cours de ses dernières années à Montréal. En compagnie de son complice Marc Trestman, les deux hommes n’ont jamais pensé à préparer l’organisation pour l’inévitable, à savoir qu’Anthony Calvillo prendrait un jour sa retraite.

Trestman et Popp avaient la responsabilité de dénicher et de développer un jeune quart capable de prendre la relève. Mais, avant de partir, ils ont laissé l’organisation dans un piteux état. Maintenant, on utilise la formule band-aid pour sauver les meubles. Au fil des ans, les quarts se sont succédé à un rythme fou. L’organisation a plongé dans la médiocrité et ça se reflète maintenant aux guichets.

Samedi, à Toronto, ce n’était pas beau du tout. Ricky Ray, qui avait raté le premier rendez-vous la semaine précédente, joue le même rôle qu’Anthony Calvillo et on peut soupçonner que Popp et Trestman ont accepté le défi parce qu’ils avaient une autre chance de diriger une organisation avec un quart fiable. Pendant ce temps, à Montréal, Darian Durant, sur qui on mise pour relan­cer la concession, montre des signes inquiétants. Dommage pour Jacques Chapdelaine, qui a l’étoffe d’un bon entraîneur.

La remontée des Alouettes dans l’évaluation des amateurs va prendre un certain temps. Surtout avec la récente poussée de l’Impact qui, dans les moments les plus intenses, vient de coller quatre victoires. On dira que les Alouettes ont occupé le premier rang de la division Est de la Ligue canadienne, mais doit-on insister sur la qualité des équipes dans cette division. On est bien loin de cette organisation qui, chaque année, pouvait aspirer à la coupe Grey. C’est dommage. Il fut un temps où l’on passait de magnifiques soirées, au stade Percival Molson.

Mais, on a négligé le plus important. La relève.