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Une tonne de cocaïne cachée dans du béton

On assiste à une saisie record de la police de l’Ontario au port de Montréal

Voici une partie de la drogue saisie au port de Montréal, le printemps dernier.
Photo courtoisie, Police provinciale de l’Ontario Voici une partie de la drogue saisie au port de Montréal, le printemps dernier.

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Le crime organisé a importé des millions de doses de cocaïne au port de Montréal durant trois ans en dissimulant la drogue dans du béton jusqu’à ce que la police ontarienne découvre le pot aux roses ce printemps.

C’est en s’intéressant à des trafiquants de la région de Toronto que la Police provinciale de l’Ontario (OPP) a mis au jour cet ingénieux stratagème lors d’une enquête menée entre les mois de mars et juillet.

Le bilan est impressionnant, avec des saisies records de 1062 kilos de cocaïne, principalement dans des conteneurs et un entrepôt au port de Montréal. Trois Ontariens ont été accusés.

Privés de 250 millions $

« C’est la plus grosse saisie que j’ai vue en 33 ans de carrière. Nous venons de priver des criminels de haut niveau d’un quart de milliard de dollars de revenus en empêchant toute cette drogue d’atteindre nos rues », a commenté le commissaire Vince Hawkes, hier, en révélant les détails du « projet Hope ».

Vince Hawkes<br>
<i>Patron de l’OPP</i>
Photo courtoisie, Police provinciale de l’Ontario
Vince Hawkes
Patron de l’OPP

La drogue arrivait au port de Montréal à bord de cargos en provenance de l’Argentine avant d’être distribuée « à la grandeur du pays », selon l’OPP.

Les briques d’un kilo de cocaïne chacune étaient cachées à l’intérieur de roches de béton, elles-mêmes disséminées dans des palettes de bois empilées les unes sur les autres dans des conteneurs de 40 pieds de long.

Bien cachées

« C’était très difficile, voire impossible à trouver. Les chiens pisteurs de l’Agence des services frontaliers du Canada n’ont jamais pu en détecter avant qu’on sache qu’il y en avait », a précisé le commissaire adjoint de l’OPP, Rick Barnum, en ajoutant que les forces de l’ordre ont obtenu de « bons tuyaux » pour faire débloquer leurs recherches.

Les briques de cocaïne qui se trouvent dans ces sacs et ces boîtes étaient camouflées dans des roches de béton (en mortaise) en provenance de l’Argentine.
Photo courtoisie, Police provinciale de l’Ontario
Les briques de cocaïne qui se trouvent dans ces sacs et ces boîtes étaient camouflées dans des roches de béton (en mortaise) en provenance de l’Argentine.

Il a ajouté que cette combine « durait depuis 2014 », d’après les renseignements obtenus par le Bureau de lutte contre le crime organisé de l’OPP, qui n’a requis l’aide d’aucun corps policier québécois pour cette enquête.

« C’est définitivement relié aux cartels de drogue du Mexique », a assuré l’officier Barnum.

Ce dernier n’était pas en mesure d’affirmer si les acheteurs de ces quantités massives de cocaïne étaient les Hells Angels, la mafia italienne ou un autre groupe majeur du crime organisé canadien.

Cette enquête vient confirmer que le port de Montréal – où le clan Matticks et le gang de l’Ouest ont longtemps exercé leur contrôle, d’après les policiers – est toujours vulnérable à l’importation de drogue.

Les dirigeants de l’OPP n’ont toutefois pas précisé si l’enquête avait démontré de la complicité entre des employés du port et ce réseau de trafiquants.


Le degré de pureté des 1062 kg de cocaïne saisis dans le cadre de cette enquête s’élevait à 97 %. Cette quantité aurait pu en donner jusqu’à 3183 kg – à 3000 doses le kilo – une fois la drogue coupée et vendue sur le marché de la rue, où la pureté de la « coke » est réduite « à 30 % ou 40 % » afin de « maximiser les profits » des trafiquants, a dit le commissaire adjoint de la police ontarienne, Rick Barnum.