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Le militant Jaggi Singh plaide non coupable

Après s’y être opposée, la Couronne a proposé une libération sous conditions

Le militant altermondialiste Jaggi Singh a plaidé non coupable mercredi aux accusations d’entrave et de supposition de personne qui ont été portées contre lui dans la foulée des manifestations du 20 août dernier.
Photo d'Archives Daniel Mallard Le militant altermondialiste Jaggi Singh a plaidé non coupable mercredi aux accusations d’entrave et de supposition de personne qui ont été portées contre lui dans la foulée des manifestations du 20 août dernier.

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Le militant altermondialiste Jaggi Singh a plaidé non coupable mercredi matin aux accusations d’entrave et de supposition de personne qui ont été portées contre lui dans la foulée des manifestations du 20 août dernier.

La comparution du militant montréalais à la cour municipale de Québec s’est avérée plus compliquée que prévu alors qu’elle aura nécessité au moins trois audiences et vraisemblablement trois juges.

L’homme de 46 ans, arrêté à Montréal mardi, est arrivé les poings menottés dans la salle d’audience où il a été formellement accusé. Il a rapidement remis en question l’impartialité du juge Jacques Ouellet qui s’est présenté devant lui le premier. «Vous êtes contre les manifestants», a lancé Singh en mentionnant que c’est lui qui avait signé son mandat d’arrestation.

Devant les réticences de l’accusé, le juge Ouellet a préféré se récuser tout en spécifiant qu’il n’avait «rien contre les manifestants», avant que la juge Nathalie Duchesne ne prenne sa place.

Libéré ou pas?

Après avoir plaidé non coupable, Jaggi Singh a semblé déstabilisé lorsque l’avocate de la procureure de la Ville de Québec, Me Marie-Hélèbe Guillemette, a annoncé qu’elle s’opposait à sa remise en liberté en invoquant la sécurité du public.

«Je trouve assez exagéré de s’objecter à la libération pour une accusation mineure», a dit M. Singh, qui se défendait seul. La séance a été interrompue quand il a demandé à pouvoir contacter l’avocat qui le conseille, Me Enrico Théberge.

De retour en salle d’audience, la Couronne a changé son fusil d’épaule en proposant une libération sous conditions, soit de payer la somme de 250$ sans dépôt, de remettre ses empreintes digitales, d’informer la cour de son adresse et en lui interdisant de se trouver à Québec sauf pour la poursuite des procédures judiciaires.

Jaggi Singh s’est montré réticent à accepter ces conditions. Même s’il s’était exprimé en français depuis le début, il a affiché sa préférence pour poursuivre les procédures en anglais. Les travaux ont été ajournés jusqu’à 13h30, la juge Duchesne affirmant qu’une autre personne plus apte à présider la séance dans cette langue prendrait le relais.

«Bouffonnerie»

Le militant antifasciste a pu compter sur la présence de quelques dizaines de personnes venues l’appuyer pacifiquement à l’extérieur de la centrale de police Victoria où se déroule sa comparution.

Plusieurs ont tourné en dérision l’accusation de s’être frauduleusement fait passer pour une autre personne. «On est là pour dénoncer la bouffonnerie qui est en train de se passer. Les flics, quand ils ont arrêté Jaggi Singh, ils savaient que c’était Jaggi Singh et c’est pour ça qu’ils l’ont arrêté, c’était leur plan de la journée», a affirmé l’un des manifestants, Philippe Gutmane.

«C’est du profilage politique et ce n’est pas anodin que ce soit une personne racisée», a dit une autre manifestante.

Jaggi Singh a été arrêté une première fois le 20 août dernier dans une manifestation pro-immigration déclarée illégale par les autorités après avoir refusé de se déplacer à la demande d’un policier. Il s’était aussi identifié sous le faux nom de Michel Goulet en référence à l’ancien joueur des Nordiques de Québec. Il s’est expliqué le lendemain en se décrivant comme un amateur de hockey.