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Décès de l’ex-ministre Choquette

Connu pour son rôle lors de la crise de 1970, l’ancien ministre libéral a aussi réformé la justice québécoise

Jérôme Choquette a été membre du barreau du Québec pendant 63 ans.
Photo d'archives, Michaël Nguyen Jérôme Choquette a été membre du barreau du Québec pendant 63 ans.

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L’ancien ministre de la Justice et maire d’Outremont, Jérôme Choquette, est décédé vendredi matin des suites d’une pneumonie à l’âge de 89 ans.

L’homme politique et avocat restera notamment ancré dans la mémoire collective québécoise comme l’un des acteurs importants de la crise d’Octobre, en 1970.

À titre de ministre de la Justice, M. Choquette fut l’un des principaux acteurs de la crise d’Octobre opposant le gouvernement au FLQ. On le voit ici lors d’une conférence de presse à l’automne 1970.
Photo d'archives, Albert Vincent
À titre de ministre de la Justice, M. Choquette fut l’un des principaux acteurs de la crise d’Octobre opposant le gouvernement au FLQ. On le voit ici lors d’une conférence de presse à l’automne 1970.

Ministre de la Justice à l’époque, Jérôme Choquette faisait partie du gouvernement de Robert Bourassa, qui a approuvé le recours à la Loi sur les mesures de guerre et fait arrêter 300 personnes. Cette mesure se voulait une réponse, disproportionnée selon certains, aux attentats et enlèvements du Front de libération du Québec (FLQ).

Malentendu

« L’histoire politique de mon père est un malentendu, affirme Frédéric Choquette, l’un des quatre enfants de l’ancien ministre. La crise de 1970 lui a collé l’étiquette d’un homme dur, voire même d’extrême droite, alors qu’il était quelqu’un de sensible qui a toujours cherché à défendre les petites gens. »

En tant que ministre, Jérôme Choquette fut à l’origine de nombreuses réformes progressistes telles que l’adoption de la Charte des droits et libertés de la personne, la mise en place de l’aide juridique et la création de la Cour des petites créances.

Réputé pour son intransigeance et sa rigueur, le brillant juriste finira par quitter le gouvernement et le Parti libéral pour siéger en tant que député indépendant en septembre 1975. Il justifiera ce départ soudain par le désaccord l’opposant à Robert Bourassa concernant la Loi sur la langue officielle. Jérôme Choquette souhaitait la modification de celle-ci pour que l’école française devienne la règle pour tous, à l’exception des enfants de langue maternelle anglaise.

Principes

Par la suite, Jérôme Choquette fondera sans grand succès une formation politique de centre droit, le Parti national populaire. Après un maigre score de 1 % à l’élection générale de 1976, il rejoindra les rangs du Parti libéral en 1978.

La défaite de Jérôme Choquette contre Pierre Bourque (à droite en avant) dans la course à la mairie de Montréal en 1994 sera le dernier événement marquant de sa carrière politique. Les deux hommes s’étaient affrontés lors d’un débat à l’émission animée par Jean Lapierre et Jean Cournoyer (à l’arrière).
Photo d'archives, Raymond Bouchard
La défaite de Jérôme Choquette contre Pierre Bourque (à droite en avant) dans la course à la mairie de Montréal en 1994 sera le dernier événement marquant de sa carrière politique. Les deux hommes s’étaient affrontés lors d’un débat à l’émission animée par Jean Lapierre et Jean Cournoyer (à l’arrière).

« C’était plus un homme de principes et d’idées qu’un organisateur, c’est sans doute pour cela que son parti n’a pas fonctionné », avance sa cousine Renée Lescop, qui se souvient d’un personnage érudit et impressionnant, mais aussi très émotif.

Jérôme Choquette sera aussi le maire de la ville d’Outremont de 1983 à 1991.

Sa candidature au poste de maire de Montréal et sa défaite à l’élection municipale de 1994 contre Pierre Bourque ont marqué la fin de sa carrière politique.

« Dans les dernières années, il s’était complètement déconnecté de la vie politique, indique Frédéric Choquette. Il déplorait le spectacle que c’était devenu et trouvait que les dirigeants actuels ne s’intéressaient pas assez au bien public. »