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10 choses à savoir sur les TOC

Psychology Therapy
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Se laver les mains encore et encore, vérifier huit fois que la porte est fermée à clé, avoir des pensées qui tournent en boucle dans sa tête, s’obséder avec le fait que la saleté s’accumule dans la maison, voilà quelques habitudes qui peuvent indiquer qu’on souffre d’un TOC. Mais c’est quoi, au juste, un TOC ?

1. Une définition. TOC signifie trouble obsessif compulsif. Il s’agit d’un trouble qui se traduit par des obsessions (ou une obsession), suivi de compulsions ou de rituels visant à endiguer cette obsession. Par exemple, on s’imagine que des microbes sont présents partout (c’est une obsession), on se lave les mains sans arrêt (c’est une compulsion).

2. L’obsession. C’est « une pensée automatique qui s’impose à l’esprit contre la volonté ». Le hic est que ces pensées sont récurrentes, qu’elles causent une souffrance et qu’on a l’impression que pour s’en débarrasser il faut poser un geste, effectuer un rituel. Des exemples : la saleté, les bactéries, le besoin de symétrie ou d’ordre, des pensées violentes, la grosseur de son nez... Le problème est que l’obsession prend trop de place dans la tête.

3. La compulsion, le rituel, l’« acte concret ». Pour calmer son obsession, la personne souffrante développe l’habitude d’un geste qu’elle répète inlassablement. Elle pense alors qu’elle va éloigner son angoisse. Par exemple, je marche sans toucher les lignes du trottoir pour conjurer ma croyance en un mauvais sort. Un autre se lave les mains maladivement dans le but d’éloigner les microbes. Quelques fois, ça va, trop souvent, c’est bizarre.

4. Le problème. L’ennui est que l’action (la compulsion) par laquelle la personne qui a un TOC cherche à réparer son malaise est finalement plus nocive qu’apaisante. Exemple : chaque fois que je sors de la maison, je pense que j’ai laissé le feu sur la cuisinière. J’y retourne, ça me calme temporairement, mais à la longue, cela permet à mon obsession de se maintenir. Il y a un effet d’entraînement.

5. Les principaux TOC. Dans les très grandes lignes, on retrouve la crainte d’être sale ou d’être contaminé, la peur d’oublier le feu, l’eau, de ne pas avoir fermé la porte à clé, la peur d’être responsable d’un événement terrible, la tendance à l’ordre maniaque, la recherche de symétrie à tout prix, la peur de jeter des objets dont on pourrait avoir besoin, le souci exagéré d’une partie de son corps, etc.

6. Qui cela touche-t-il ? On fait parfois des blagues à propos des TOC, on dit qu’on a un toc dès qu’on a tendance à répéter un geste, on rit gentiment des autres en disant : « Hé, tu as donc un TOC ! » Quelques répétitions ne font pas de nous des toqués, mais il reste qu’environ une personne sur 40 souffrirait d’un TOC. Les hommes et les femmes sont égaux devant lui, cependant les garçons auraient tendance à le développer plus jeune (entre 6 et 15 ans) que les filles (dans la vingtaine). On ne sait pas pourquoi. Peut-être que les filles arrivent à le cacher plus longtemps ?

7. Le repérer. C’est assez difficile à détecter chez les enfants, car souvent le TOC est accompagné d’autres troubles comme celui de l’opposition, l’anxiété de séparation, les troubles de l’attachement, l’hyperactivité... Toute souffrance est indicatrice d’un malaise. Cela dit, si un enfant écoute 25 fois une chanson, il n’a pas un TOC, il est juste un enfant heureux d’écouter sa chanson.

8. Pourquoi et quand ? Il n’est pas simple de savoir pourquoi certains développent un TOC, d’autres non. Il y aurait un facteur héréditaire, un gène serait impliqué. Autre voie : le glutamate (une molécule excitatrice des neurones) serait trop abondant chez les gens ayant un TOC. On a longtemps pensé qu’une éducation rigide pouvait nuire, mais cette croyance semble abandonnée.

9. Quand est-ce trop ? Si une obsession occupe plus d’une heure de la journée, on devrait y voir, c’est-à-dire consulter pour savoir si on traverse simplement une mauvaise passe ou si on se trouve sur une route dangereuse.

10. Peut-on en guérir ? On ne parle pas de guérison puisque la personne conserve toujours une fragilité. Par contre, on peut vraiment agir sur la situation. Des thérapies cognitivocomportementales (on apprend à réagir et à se comporter autrement) sont souvent indiquées. Des médicaments sont parfois nécessaires et utiles. Dans tous les cas, lorsqu’on est trop préoccupé par une pensée, quand on commence à se bâtir des petits scénarios conjuratoires, quand une obsession et son rituel sont très présents, mieux vaut s’informer et demander de l’aide que se laisser absorber par cette spirale.

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