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Agression sexuelle à Uashat: des élus et le chef de police contre une modification du code électoral

La communauté innue de Uashat Mani-Utenam à Sept-Îles.
Photo d'archives Agence QMI, Nicolas Dupont, Le Nord-Est La communauté innue de Uashat Mani-Utenam à Sept-Îles.

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Des membres du Conseil de bande d’Uashat mak Mani-Utenam et le chef de police de cette communauté innue de la Côte-Nord se sont opposés à une modification du code électoral visant à exclure les élus accusés d’agression sexuelle ou de fraude.

Cette situation crée un véritable malaise alors que le procès du chef Mike McKenzie, accusé d’agression sexuelle sur une mineure, s’ouvre lundi.

La question des abus sexuels revient constamment à l’actualité depuis plusieurs mois à Uashat mak Mani-Utenam.

Des événements, comme l’enquête du coroner sur la vague de suicides, les travaux de la Commission sur les femmes autochtones disparues ou assassinées et l’arrestation du chef Mike McKenzie, accusé d’agression sexuelle sur une mineure, ont tous mis en lumière cette lourde réalité.

Dans le cadre de la refonte du code électoral de la communauté, une proposition a été faite par une femme innue. Elle visait à faire déclarer inhabile un conseiller ou le chef de la communauté qui serait accusé en matière d’agression sexuelle ou de fraude.

Cette proposition a d’abord été soutenue par 127 membres de la communauté. Mais un registre visant à rejeter cette modification du code électoral a par la suite été signé par 197 personnes.

Lise Jourdain, une femme très préoccupée par les nombreux cas d’abus sexuels dans sa communauté, a été stupéfaite de constater que des élus du Conseil de bande et le chef de police de la Sécurité publique d’Uashat mak Mani-Utenam ont signé le registre.

Mme Jourdain estime que cette situation risque d’empêcher des victimes d’agression sexuelle de dénoncer leur agresseur. Elle pense qu’il existe une solidarité malsaine autour du chef Mike McKenzie, à la veille de son procès pour agression sexuelle sur une mineure.

«Il y a beaucoup de gens qui viennent dénoncer chez moi, qui viennent me dire ce qui leur est arrivé, soutient Mme Jourdain. Mais ils ne veulent pas signer de plainte parce qu’ils voient ce qui ce passe dans la communauté, que le chef est protégé.»

Depuis 2013 au Québec, un élu municipal accusé d’une infraction criminelle passible de deux ans et plus d’emprisonnement peut être déclaré temporairement inhabile à exercer ses fonctions.