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Jocelyn Thibault: une histoire d’amour avec Sherbrooke

Actionnaire du Phoenix de Sherbrooke, Jocelyn Thibault agit à titre de directeur général de l’équipe depuis décembre 2016 et il adore ce défi.
Photo Pierre Durocher Actionnaire du Phoenix de Sherbrooke, Jocelyn Thibault agit à titre de directeur général de l’équipe depuis décembre 2016 et il adore ce défi.

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SHERBROOKE | À 20 ans, Jocelyn Thibault a dû composer avec une tonne de pression à Montréal lorsqu’il fut appelé à remplacer Patrick Roy en décembre 1996, après le départ du gardien étoile à la suite d’une dispute avec Mario Tremblay.

À 42 ans, Thibault vit un autre genre de pression dans son rôle d’actionnaire et de directeur général du Phoenix de Sherbrooke, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, et il est mieux outillé pour la gérer.

Diriger une équipe junior est un boulot exigeant, mais Thibault, qu’on a rencontré cette semaine à son bureau au Palais des sports, parle d’un emploi valorisant parce qu’il peut faire quelque chose de concret pour aider les jeunes.

Il tient à leur inculquer de bonnes valeurs et à développer une belle culture sportive au sein de l’organisation sherbrookoise.

Jocelyn Thibault, photographié à sa descente de l’avion à Montréal en compagnie d’Andreï Kovalenko et de Martin Rucinsky, au lendemain de l’échange qui a envoyé Patrick Roy au Colorado.
Photo d'archives
Jocelyn Thibault, photographié à sa descente de l’avion à Montréal en compagnie d’Andreï Kovalenko et de Martin Rucinsky, au lendemain de l’échange qui a envoyé Patrick Roy au Colorado.

L’ancien gardien des Nordiques, de l’Avalanche, du Canadien, des Blackhawks, des Penguins et des Sabres s’est installé avec sa famille à Sherbrooke une fois sa carrière dans la LNH terminée et il s’en réjouit aujourd’hui parce qu’il est devenu un intervenant apprécié au sein de la communauté sherbrookoise, lui qui a notamment été l’instigateur de la construction du complexe sportif Thibault GM, qui rend de bons services à la population.

« J’aime travailler aux côtés des jeunes, a dit Jocelyn. C’est agréable d’assister de près à leur développement comme hommes et comme joueurs. Bien entendu, ce n’est pas toujours facile de travailler avec des adolescents, mais c’est stimulant parce que je sens que je peux leur apporter quelque chose grâce à mon expérience comme athlète professionnel.

« J’ai plusieurs responsabilités dans mon rôle de directeur général et ça me passionne, a poursuivi Thibault. J’agis comme une sorte de chef d’orchestre. J’aime vraiment ce boulot que j’occupe depuis décembre 2016. Oui, il y a de la pression, soit celle de gagner, mais j’ai besoin de relever ce genre de défi.

« Mon seul regret est de ne pas avoir l’occasion de passer autant de temps que j’aimerais avec mes filles (elles jouent toutes les trois au hockey), comme je le faisais il y a quelques années quand j’avais davantage de temps libre. »

Comment a débuté ton implication dans les milieux du sport en Estrie ?

« J’ai mis un terme à ma carrière en 2008 après avoir subi trois opérations à la hanche. J’ai agi comme entraîneur des gardiens de but pour l’Avalanche durant une saison. J’aimais ça. L’équipe m’a offert de signer un contrat à long terme, mais j’ai préféré revenir vivre à Sherbrooke, la ville où j’ai fait la rencontre de ma conjointe Mélanie durant mon séjour avec les Faucons, de la LHJMQ. Je recherchais de la stabilité sur le plan familial. Le milieu des affaires m’intéressait et lorsqu’on m’a fait part du manque de disponibilité d’heures de patinoire dans la région, j’ai contacté le service des sports de Sherbrooke pour lui faire savoir que j’étais intéressé à investir dans la construction d’un complexe sportif. Le projet de 18 millions a pris naissance en 2009 et le complexe Thibault GM a, depuis 2011, un impact très positif sur la pratique du hockey, autant féminin que masculin. Le complexe est régulièrement utilisé par les élèves du programme sport-études de l’École Du Triolet et c’est ce que je recherchais. J’ai toujours voulu faire ma part dans le développement du sport chez les jeunes. Je suis fier d’avoir lancé le programme de hockey féminin à cette école. Et ça m’a donné la chance de coacher mes filles. »

Peux-tu nous rappeler ce qui t’a incité en 2012 à investir dans le retour d’une équipe de calibre junior majeur à Sherbrooke ?

« J’avais apprécié le fait de jouer pour les Faucons en 1992-1993 à Sherbrooke (l’année où il fut choisi le gardien junior par excellence au Canada). Ça m’attristait de voir qu’un si bon marché était privé d’une équipe de hockey junior. J’ai été approché par le maire Bernard Sévigny et après avoir reçu le feu vert du commissaire Gilles

Courteau, je me suis lancé dans l’aventure en participant à l’acquisition d’une équipe d’expansion au coût de 3 millions en compagnie de sept autres investisseurs, des passionnés de hockey, dont mon ami Stéphane Robidas. J’ai été chanceux. Les étoiles étaient bien alignées, même s’il y avait du scepticisme dans la région au sujet du retour du hockey junior majeur. Le Palais des sports a été rénové et les amateurs sont heureux d’assister à du hockey de fort calibre. »

Le Phoenix amorcera bientôt sa sixième saison. Quel bilan es-tu en mesure de tracer ?

« Il est certain que j’aurais aimé que l’équipe fasse meilleure figure au classement, mais il n’est pas facile de bâtir une culture gagnante avec un club d’expansion. Il y a eu des hauts et des bas. On a raté de peu une participation aux séries le printemps dernier. On méritait un meilleur sort. Je crois toutefois que le Phoenix est maintenant engagé dans la voie du succès. En décembre 2016, le conseil d’administration de l’équipe a pris la décision de remplacer l’entraîneur et le directeur général, car on n’avait pas réussi à instaurer la culture désirée. Je suis alors entré en poste comme directeur général et Stéphane Julien a été nommé entraîneur en chef. »

Comment te décris-tu comme directeur général ?

« On a toujours dit de moi que je suis un bon gars, mais je suis aussi capable de serrer la vis. Je connais mes forces et mes faiblesses et je crois avoir su combler mes faiblesses en m’entourant des bonnes personnes. Il y a eu un gros travail de réorganisation et je sens que l’équipe est en train de tourner le coin. J’ai hâte au début de la saison, le 22 septembre à Val-d’Or.»

Peux-tu nous parler de votre premier choix au dernier repêchage, Samuel Poulin ?

« À mes yeux, il constitue un joueur d’exception. Je ne veux pas lui ajouter une pression supplémentaire, mais son arrivée fera de nous une meilleure équipe grâce à son talent et à son éthique de travail. Son désir de gagner et d’être le meilleur est contagieux. J’ai eu la chance de côtoyer Sidney Crosby à ses débuts dans la LNH et il avait le don de rendre ses coéquipiers meilleurs. On a certes perdu un bon attaquant en Anderson MacDonald, que j’ai dû échanger à Moncton parce qu’il ne voulait pas se conformer au cadre établi, à notre programme. On a pu obtenir deux choix de première ronde et un choix de deuxième tour au repêchage, ce qui est une bonne chose pour l’avenir. »

Quels souvenirs conserves-tu des trois saisons et demie passées avec le Canadien ?

Thibault en compagnie de Pat Jablonski en 1996
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Thibault en compagnie de Pat Jablonski en 1996

« On peut dire que ma carrière a été fertile en rebondissements! Mon arrivée avec le Canadien avait fait beaucoup de bruit, mais à l’âge de 20 ans, je n’étais pas conscient de tout. J’ai eu du succès à ma première saison. J’ai eu la chance de disputer le dernier match au Forum et le premier au Centre Molson. C’était spécial de jouer pour le Canadien. Le contexte était cependant devenu difficile à ma troisième année et j’ai demandé à Réjean Houle de m’échanger. Ce fut une bonne chose parce que j’ai connu mes meilleures saisons avec les Blackhawks, avant de me blesser à la hanche. »

Quelle est ton opinion au sujet de Carey Price ?

« C’est un gardien exceptionnel. Il est si bon sur le plan technique. Il est capable d’avoir un impact à chaque match. Je suis impressionné par sa capacité de gérer la pression de jouer à Montréal. Le Canadien peut se compter chanceux de miser sur un gardien comme lui. »

Crois-tu toujours au retour des Nordiques à Québec, toi qui avais été leur choix de première ronde au repêchage de 1993 ?

« Je le souhaite de tout cœur. Québec mérite d’avoir une équipe de hockey de la LNH. Et ça serait une bonne chose pour le nombre de joueurs québécois qui rêvent d’évoluer dans la LNH. »

 

Jocelyn Thibault

Thibault a vécu de bons moments avec le Canadien.
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Thibault a vécu de bons moments avec le Canadien.

Né le 12 janvier 1975 à Laval, est marié à Mélanie Trachy. Le couple a trois filles, Noémie, Zoé et Annabel, qui pratiquent le hockey.

EMPLOI : Ationnaire et directeur général du Phoenix de Sherbrooke, de la LHJMQ ; actionnaire et associé du complexe sportif Thibault GM, qui comprend trois patinoires.

CARRIÈRE : Il a joué pour les Draveurs de Trois-Rivières et les Faucons de Sherbrooke dans la LHJMQ et il a été sélectionné en 1re ronde (10e) par les Nordiques au repêchage de 1993. Thibault a disputé 14 saisons dans la LNH avec les Nordiques, l’Avalanche, le Canadien, les Blackhawks, les Penguins et les Sabres. En 586 matchs, il a présenté une fiche de 238-238-75 avec une moyenne de buts alloués de 2,75 et un taux d’efficacité de 90,4%, dont un dossier de 67-56-24 avec le Canadien. Il a pris part au match des étoiles en 2003 en Floride. Il est devenu, en 1993, le deuxième gardien de l’histoire à jouer dans la LNH dès l’âge de 18 ans. L’autre fut Tom Barrasso.

 

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