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Plus profond dans nos poches

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Quand une famille moyenne paye plus en taxes et impôts que ce qu’elle débourse pour l’ensemble de ses besoins essentiels comme se loger, se nourrir et se vêtir, on se demande si quelque chose ne cloche pas dans notre système.

Les chercheurs de l’Institut Fraser ont créé le « Canadian Consumer Tax Index », un indice de la facture de taxes et d’impôts de la famille moyenne canadienne. Ils ont également compilé les données de 1961 à 2016 pour suivre l’évolution de cette facture, et elle est salée !

On parle ici de ce qu’une famil­le paye aux divers paliers de gouvernements, incluant impôts sur le revenu, taxes de vente, taxes municipales, taxes sur l’essence et l’immatriculation, « taxe carbone » à la pompe, taxes à l’importation, taxes sur le tabac et l’alcool, et j’en passe.

Les faits saillants :

– La famille canadienne moyenne dépense maintenant une plus grande part de ses revenus en taxes et impôts (42,5 %) que pour combler l’ensemble de ses besoins de base, comme se nourrir, se vêtir et se loger (37,4 %).

– La facture de taxes et d’impôts a crû beaucoup plus vite que tout autre poste de dépense pour une famille moyenne : entre 1961 et 2016, les dépenses de logement ont augmenté de 1527 %, celles d’habillement de 677 % et celles de nourriture de 639 %. En comparaison, la facture de « taxes » a grimpé de plus de... 2000 %.

– Cette hausse de la facture fiscale a été beaucoup plus rapide que l’inflation, qui a augmenté de 718 % pendant la même période.

– En 2016, la famille canadien­ne moyenne gagnait 83 105 $ et payait des taxes et impôts totalisant 35 283 $ (soit 42,5 % des revenus). En 1961, une famille moyenne gagnait 5000 $ et envoyait 1675 $ aux divers gouvernements (soit 33,5 % de ses revenus).

On répondra que les taxes et les impôts servent aux routes, aux écoles, à la santé, etc. Bien sûr, sauf qu’on a beau avoir plus de « services » qu’auparavant, il reste qu’on a l’impression d’en avoir de moins en moins pour son argent.

Chaque année, nos gouvernements s’ingèrent un peu plus dans l’économie et les nombreux programmes de soutien à telle ou telle industrie, à la famille, au groupe X ou au groupe Y finissent par s’accumuler et par coûter cher. Tout comme les salaires et pensions de tous les fonctionnaires – les utiles comme les moins utiles.

Le plus décourageant, c’est que même si nous payons toujours davantage, ça ne semble jamais assez.

Guère plus reluisant

Imaginez-vous que malgré des taxes en hausses année après année ou presque, le budget du Québec n’a été équilibré ou en surplus que six fois en près de 40 ans avant l’équilibre budgétaire de 2015-2016 ! Ce n’est guère plus reluisant au fédéral. Et même lorsque les budgets sont en équilibre, la dette publique augmente quand même de plusieurs milliards par année.

Quand on dit que l’État a un problème de dépenses et non de revenus...